Médecine

Paramédical

Autres domaines


S'abonner

Effet de l’arrêt des corticoïdes au cours de l’urticaire chronique (étude prospective de 17 malades) - 22/04/08

Doi : 10.1016/j.annder.2007.06.003 
F. Augey , I. Guillot-Pouget, N. Gunera-Saad, F. Berard, J.-F. Nicolas
Service d’immuno-allergologie, pavillon Dufourt, centre hospitalier Lyon-Sud, université Claude-Bernard Lyon-I, 69495 Pierre-Bénite cedex, France 

Auteur correspondant.

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement ou un achat à l’unité.

pages 5
Iconographies 1
Vidéos 0
Autres 0

Résumé

Introduction

Bien que deux auteurs aient rapporté un bénéfice de l’utilisation des corticoïdes généraux dans l’urticaire aiguë, la conférence française de consensus a souligné l’absence d’intérêt dans l’urticaire chronique idiopathique et la rareté des études. Afin de juger de l’utilité des corticoïdes généraux dans l’urticaire chronique sévère, nous avons suivi une cohorte de malades ayant accepté de les interrompre pendant un an.

Malades et méthodes

Cette étude prospective monocentrique s’intéressait à des malades adultes (1) ayant une urticaire chronique idiopathique selon les critères de la conférence française de consensus, (2) avec au moins deux critères parmi les trois suivants : prurit insomniant, œdèmes segmentaires répétés, signes extracutanés, (3) peu ou non améliorés par les antihistaminiques H1 (anti-H1), (4) prenant des corticoïdes généraux plus de deux jours par mois. Les modalités de l’arrêt des corticoïdes généraux, rapide ou progressif, étaient adaptées à chaque cas. Un double traitement anti-H1 était institué d’emblée et un suivi évolutif réalisé deux, quatre et 12 mois après arrêt complet des corticoïdes généraux.

Résultats

Parmi les 17 malades inclus (sex-ratio H/F : 0,54 ; âge moyen : 40 ans), sept avaient des signes extracutanés (fièvre, arthralgies et douleurs diverses), neuf une urticaire retardée à la pression et trois une vasculite histologique cutanée idiopathique. Les corticoïdes généraux étaient pris avant inclusion trois à 30 jours par mois. Trois malades avaient essayé sans succès des traitements alternatifs, notamment des immunosuppresseurs. À l’arrêt des corticoïdes généraux ont été observés (1) un rebond passager de l’urticaire chronique dans 47 % des cas, (2) trois échecs avec sortie d’étude à quatre mois, (3) une rémission complète à 12 mois dans six cas (35 %) dont trois avec urticaire retardée à la pression, (4) une rémission partielle dans huit cas (47 %) dont cinq cas d’urticaire retardée à la pression (5) une disparition constante des signes associés.

Discussion

Cette étude tend à montrer que les corticoïdes généraux sont peu utiles dans la prise en charge de l’urticaire chronique, car l’inefficacité des anti-H1 n’est le plus souvent que temporaire. À l’arrêt des corticoïdes généraux ont été observés fréquemment un rebond temporaire de l’urticaire chronique et une constante rémission des signes cliniques extracutanés et/ou de vasculite. Cela suggère que la résistance aux anti-H1 peut être favorisée par les corticoïdes généraux. Leur utilisation dans l’urticaire retardée à la pression n’apparaît pas non plus justifiée et nous recommandons, en l’attente d’une indispensable étude contrôlée, une extrême modération de leur prescription au cours de l’urticaire chronique.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Summary

Background

Although two reports have indicated benefits of oral steroids in acute urticaria, the 2003 French guidelines emphasized their inefficacy in the treatment of idiopathic chronic urticaria, and the lack of studies. We present the results of a prospective study in 17 patients presenting severe chronic urticaria who agreed to stop taking oral steroids over a one-year period.

Patients and methods

This single-centre prospective study included adults (1) presenting chronic urticaria as defined by the French consensus conference committee on chronic urticaria (2003), (2) exhibiting at least two of the following three criteria: sleep disturbance due to itching, repeated angiœdema, general symptoms; (3) unresponsive or mildly improved by antihistaminic (anti-H1) therapy; (4) receiving oral steroids at least three days per month. After inclusion in the study, oral steroids were stopped either immediately or gradually, on a case-by-case basis. Two different anti-H1 agents were prescribed at inclusion with follow-up visits two, four and 12 months after complete withdrawal of oral steroids.

Results

Seventeen patients were included (M/F sex-ratio: 0.54; mean age: 40 years). General signs (fever, arthralgia, various pains), delayed pressure urticaria, and idiopathic cutaneous vasculitis were noted respectively, in seven, nine and three cases. Oral steroids had been taken for three to 30 days per month before inclusion. Three patients had received prior treatment (e.g., immunosuppressants), with no improvement. After withdrawal of oral steroids, (1) 47% of patients presented a short relapse and/or worsening of chronic urticaria, (2) three patients dropped out of the study at four months (persistence of chronic urticaria unacceptable to patients, despite a clinical score showing mild response), (3) six (35%) had complete remission of chronic urticaria at 12 months, with delayed pressure urticaria in three of these cases, (4) eight (47%) had partial remission, five of whom had delayed pressure urticaria, (5) lasting remission of general symptoms.

Discussion

Our study shows that most cases of chronic urticaria are managed without oral steroids since inefficacy of anti-H1 drugs is generally only temporary. After withdrawal of oral steroids, a short increase in chronic urticaria was frequently observed with constant remission from extracutaneous signs and/or histological evidence of vasculitis. We suggest an active role of oral steroids in the failure of anti-H1 therapy. Moreover, oral steroids do not seem to confer any benefits in delayed pressure urticaria, and pending further prospective controlled studies, we recommend that these drugs be prescribed sparingly in chronic urticaria.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Urticaire chronique, Corticothérapie

Keywords : Chronic urticaria, Corticosteroid treatment


Plan


© 2007  Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
Ajouter à ma bibliothèque Retirer de ma bibliothèque Imprimer
Export

    Export citations

  • Fichier

  • Contenu

Vol 135 - N° 1

P. 21-25 - janvier 2008 Retour au numéro
Article précédent Article précédent
  • Sensibilité aux antibiotiques des souches de Staphylococcus aureus responsables d’infections cutanées communautaires
  • P. Bernard, V. Jarlier, A. Santerre-Henriksen
| Article suivant Article suivant
  • Acné de la femme enceinte et sels de zinc : revue de la littérature
  • B. Dréno, E. Blouin

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement ou un achat à l’unité.

L'accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement ou un achat à l'unité.

Déjà abonné à cette revue ?

;

Mon compte


Plateformes Elsevier Masson

Déclaration CNIL

EM-CONSULTE.COM est déclaré à la CNIL, déclaration n° 1286925.

En application de la loi nº78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez des droits d'opposition (art.26 de la loi), d'accès (art.34 à 38 de la loi), et de rectification (art.36 de la loi) des données vous concernant. Ainsi, vous pouvez exiger que soient rectifiées, complétées, clarifiées, mises à jour ou effacées les informations vous concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées ou dont la collecte ou l'utilisation ou la conservation est interdite.
Les informations personnelles concernant les visiteurs de notre site, y compris leur identité, sont confidentielles.
Le responsable du site s'engage sur l'honneur à respecter les conditions légales de confidentialité applicables en France et à ne pas divulguer ces informations à des tiers.