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Les parakinésies. Phénoménologie des mouvements anormaux intrinsèques aux psychoses endogènes - 21/06/22

Parakinesias. Phenomenology of abnormal movements intrinsic to endogenous psychoses

Doi : 10.1016/j.amp.2022.04.010 
Jack René Foucher a, b, , Clément de Billy a, b, Benoit Schorr c, d, Laurent Vercueil e, f, Alexandre Obrecht a, b, Olivier Mainberger a, b, Julie M.E. Clauss c, g, Sébastien Weibel c, d, Julien Elowe h, Efflam Bregeon i, Nelly Doligez j, Ludovic C. Dormegny-Jeanjean a, b, Fabrice Berna c, d
a ICube, CNRS UMR 7357, FMTS, université de Strasbourg, Strasbourg, France 
b CEMNIS, centre de neuromodulation non invasive de Strasbourg, CHU, Strasbourg, France 
c Pôle de psychiatrie, santé mentale et addictologie, CHU, Strasbourg, France 
d Inserm 1114, FMTS, physiopathologie et psychopathologie cognitive de la schizophrénie, université de Strasbourg, Strasbourg, France 
e Unité de neurophysiologie clinique, CHU de Grenoble-Alpes, université Grenoble-Alpes, Grenoble, France 
f Inserm U1216, institut de neurosciences, Grenoble, France 
g SAGE, CNRS UMR 7363, FMTS, université de Strasbourg, Strasbourg, France 
h Département de psychiatrie, CHUV, hôpital psychiatrique de Prangins, route de Benex, Prangins, Suisse 
i Pôle de psychiatrie, CHU, 4, rue Larrey, 49100 Angers, France 
j Centre hospitalier Le Vinatier, BP-30039, 95, boulevard Pinel, 69678 Bron cedex, France 

Auteur correspondant.

Résumé

La psychiatrie actuelle reconnaît les « dyskinésies spontanées » comme des manifestations possibles de la schizophrénie. Nous pensons qu’il ne s’agit que d’un nouveau nom donné à des mouvements anormaux intrinsèques aux psychoses endogènes décrits depuis plus d’un siècle sous le nom de « parakinésies ». Celles-ci ont été décrites, filmées et leur intérêt pronostique a été décrit bien avant l’ère des neuroleptiques. Enfin, il est le plus souvent possible de les différencier des dyskinésies tardives. Malheureusement, les parakinésies sont restées absentes de la littérature internationale, un manque qu’il nous a semblé opportun de combler. La distinction entre les parakinésies de type « dyskinésies psychomotrices », d’une part, et la psychomotricité parakinétique (PMP), d’autre part, n’est qu’un artifice didactique, étranger au concept originel de parakinésies. Les parakinésies ont l’aspect de gestes expressifs ou réactifs déformés survenant de façon inappropriée. Elles sont parfois reconnues comme un grimacing, mais sont souvent prises pour des dyskinésies tardives. La PMP correspond à la perte de la grâce naturelle des mimiques et de la gestuelle qui deviennent dysharmonieuses, bizarres, parfois identifiées comme un maniérisme catatonique. Parakinésies et PMP ne sont pas identifiées par les patients, même si on attire leur attention dessus, et ne les gênent jamais. Elles s’accroissent le plus souvent avec le temps. Les parakinésies sont atténuées, voire disparaissent, sous antipsychotiques de forte affinité. En dehors de leur intérêt clinique et pronostique, les parakinésies proposent un éclairage original et inspirant pour la recherche.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Abnormal movements are long known to be intrinsic to some forms of endogenous psychoses. Spontaneous dyskinesia are the ones observed by naïve first episode patients and at-risk subjects. Yet, these are only the rediscovery of more complex phenomena denoted as “parakinesias”, which had been described and documented by extensive kinetographic recordings and long-term observations decades before the introduction of neuroleptics. Unfortunately, they were largely neglected by mainstream psychiatry to the point of privation in the French and English literature. Renewed interest in psychomotor phenomena deems it timely to remind the neuropsychiatric community about that concept. Parakinesias consist of various deformations of psychomotor sequences which, for descriptive purpose, can be separated into parakinesias, i.e. abnormal, dyskinetic-like movements, and parakinetic psychomotricity (PPM). Parakinesias are a form of hyperkinetic movement disorder that is quite specific to endogenous psychoses. Parakinesias can be described as pseudo-reactive and pseudo-expressive motions, i.e. they resemble psychomotor gestures that are not only occurring inappropriately, but that are also somewhat distorted. These deformities do not only affect parakinesias but also the individual style of psychomotor outputs resulting in PPM. Gestures and mimics lose their naturalness and become awkward, disharmonious, stiff, mannered, and bizarre. Parakinetic distortions increase over time, so that parakinesias lose their expressiveness and have a more choreiform appearance. They also become more uniform and stereotyped. PK are prevailing in the upper face and the axial and proximal musculature of the upper body. They are not experienced as self-dystonic or alien by the patients, who are not aware of them, even when their attention is drawn to them. Finally, PK are more frequent and manifest as the level of psychomotor excitement is increased whereas they are attenuated up to disappear under high affinity antipsychotics. In non-naive patients, parakinesias might be mistaken for tardive dyskinesia. When they resemble distorted facial expressions, they fit with the concept of “grimacing” whereas PPM is partly captured by the concept of “mannerism”. The goal of this paper is to enhance recognition of parakinesias beyond grimacing and spontaneous dyskinesias. They deserve to be known by clinicians, especially for their prognostic value. From a general perspective, parakinesias and PPM allow to formulate new hypotheses of psychomotor phenomena that ought to be debated, investigated, and tested.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Catatonie, Dyskinésie, Dyskinésie tardive, Handicap psychomoteur, Psychose endogène

Keywords : Catatonia, Dyskinesia, Endogenous psychoses, Psychomotor handicap, Tardive dyskinesia


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Vol 180 - N° 6

P. 588-597 - juin 2022 Retour au numéro
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