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Enuresis and encopresis: Association with child abuse and neglect - 22/09/22

Énurésie et encoprésie : association avec la maltraitance infantile

Doi : 10.1016/j.encep.2022.08.005 
J. Dayan a, , C. Creveuil b, N. Bapt-Cazalets c
a University Department of Child and Adolescent Psychiatry, 35000 Rennes, France 
b Department of Epidemiology, Biostatistics and Medical Informatics, University Hospital, 14033 Caen cedex, France 
c Department of Child and Adolescent; Psychiatry, Rouvray Hospital, 76300 Sotteville-les-Rouen, France 

Corresponding author. Pôle Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (PHUPEA), CHGR et Université de Rennes 1, 154, rue de Châtillon, 35000 Rennes, France.Pôle Universitaire de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent (PHUPEA), CHGR et Université de Rennes 1154, rue de ChâtillonRennes35000France

Abstract

Objective

Several reports suggest a possible link between child abuse and enuresis or encopresis but concern small series of children and present therefore methodological biases. The objective of the present study was to clarify this issue by examining the relationships between child abuse and enuresis or encopresis in a large sample of children.

Methods

A multicenter cross-sectional study was conducted on a sample of 428 children in social residential centers in France. Four types of child abuse were considered: sexual abuse, physical abuse, psychological abuse and neglect. The accuracy and reliability of the characterization of the type of abuse as well as that of the sphincter disorder was particularly high. In fact, all the cases benefited from both a social and a psychological investigation and from an observation in a residential center.

Results

More than 60% of the children were victims of at least one type of abuse. Encopresis was reported in 15 children (3.5% [95% CI: 2.0%–5.7%]), mostly among boys (13 cases). Enuresis affected 54 of the 390 children aged five years or more (13.8% [95% CI: 10.6%–17.7%]). Most of the cases also appeared in boys (38 cases). Rates of encopresis were found to be seven-fold higher in both psychologically abused and neglect children compared to non-abused children (P=0.01). Concerning enuresis, a weaker but still significant association was found with sexual (OR= 3.3, P=0.025) and physical abuse (OR=2.3, P=0.035).

Conclusion

Our findings support the hypothesis that enuresis and encopresis are associated with specific types of child abuse.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Résumé

Objectif

L’énurésie nocturne est un problème courant et l’encoprésie, plus rare, peut être gravement handicapante. Une association entre troubles sphinctériens et violences subies, en particulier sexuelles, est suspectée depuis de nombreuses années. Cette hypothèse est appuyée par quelques rares études, toutes avec un faible niveau de preuve. Afin d’assurer un meilleur niveau de preuve, nous avons conçu une étude transversale multicentrique ayant pour objectif d’évaluer, sur un large échantillon d’enfants appartenant à une population non clinique, l’association entre d’une part, l’énurésie et l’encoprésie et d’autre part des formes définies et solidement documentées de maltraitance infantile.

Méthodes

L’échantillon est constitué de 428 enfants âgés entre 4 et 16 ans, admis pour une période transitoire dans neuf centres sociaux résidentiels répartis sur toute la France. L’admission résultait d’une suspicion de maltraitance ou de conditions socio-économiques ou éducatives très défavorables. Les critères d’exclusion étaient l’existence d’un trouble du neuro-développement, d’une déficience intellectuelle, ainsi que de toute maladie ou prise médicamenteuse susceptible d’expliquer l’énurésie ou l’encoprésie. Assurer la qualité du recueil de données, généralement difficile en matière de violences envers les enfants, a nécessité l’élaboration d’un questionnaire spécialement conçu à cet effet. Dans chaque centre, un psychologue spécifiquement formé était chargé de remplir ce questionnaire, en collaboration avec les professionnels médicaux et sociaux. Les sources de données provenaient des entretiens semi-structurés avec l’enfant et les parents (ou la famille d’accueil), l’observation de l’enfant pendant le séjour, les dossiers médicaux, et les notifications officielles de maltraitance. L’énurésie nocturne et l’encoprésie ont été diagnostiquées selon les critères du DSM-5. L’abus sexuel a été défini comme toute forme d’exploitation sexuelle par une personne d’au moins cinq ans plus âgée que la victime. La maltraitance physique consistait en des violences physiques répétées ou des blessures physiques observées chez l’enfant et ne pouvant être imputées à des accidents. La maltraitance psychologique était caractérisée en se basant sur la définition suivante: rejeter, dégrader, terroriser, isoler, corrompre, exploiter, nier la réactivité émotionnelle. Le diagnostic de négligence exigeait une négligence émotionnelle ou physique prolongée. Une analyse de régression logistique exacte (logiciel LogXact) a été utilisée pour étudier l’association entre la maltraitance infantile et l’encoprésie ou énurésie.

Résultats

La plupart des enfants relevaient de familles socialement défavorisées: les parents étaient au chômage ou hors du marché du travail dans près de la moitié des cas et 60% des personnes employées avaient un niveau d’emploi inférieur. Sur les 428 enfants étudiés, 15 cas d’encoprésie ont été reportés (3,5% [IC 95%: 2,0%–5,7%]), principalement chez les garçons (13 cas). L’énurésie a été retrouvée chez 54 des 390 enfants âgés de cinq ans ou plus (13,8% [IC 95%: 10,6%–17,7%]), le plus souvent chez les garçons (38 cas). Plus de 60% des enfants étaient victimes d’au moins un type de maltraitance. La violence psychologique et la négligence étaient les types les plus fréquents. L’abus sexuel concernait 16% des enfants. La maltraitance était répartie de manière similaire entre les garçons et les filles, à l’exception de l’abus sexuel, qui était plus fréquent chez les filles (49 victimes féminines, 20 masculines). En prenant, dans la population totale étudiée, les enfants non maltraités comme référence, et après ajustement sur l’âge et le sexe, l’encoprésie a été retrouvée fortement associée à la violence psychologique et à la négligence. Ainsi, les taux d’encoprésie étaient sept fois plus élevés dans ces deux catégories d’enfants maltraités (p=0,01) comparés aux enfants non maltraités. Concernant l’énurésie, une association plus faible mais néanmoins significative a été observée avec les abus sexuels (p=0,025) et les abus physiques (p=0,035).

Conclusion

Les résultats de cette étude soutiennent l’hypothèse que l’énurésie et l’encoprésie sont associées à des types spécifiques de maltraitances envers les enfants et suggèrent plus précisément des relations avec l’abus sexuel et la maltraitance physique pour l’énurésie, et la négligence et la maltraitance psychologique pour l’encoprésie.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Keywords : Child abuse, Enuresis, Encopresis, Multicenter studies, Cross-sectional study

Abbreviations : DSM

Mots clés : Maltraitance infantile, Énurésie, Encoprésie, Étude multicentrique, Étude transversale


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