Pronostic à long terme et différences liées au sexe chez les patients en ischémie critique après revascularisation endovasculaire - 23/02/24
Résumé |
Introduction et objectifs |
Les patients souffrant d’ischémie critique des membres inférieurs présentent un risque élevé d’événements cardiovasculaires et de décès. La revascularisation par voie endovasculaire est souvent privilégiée du fait de l’âge et des comorbidités associées. Des études suggèrent que les femmes auraient un moins bon pronostic après revascularisation. L’objectif est de déterminer le taux de survie sans amputation majeure dans cette population après revascularisation sur un suivi au long cours et de décrire les facteurs pronostiques chez les hommes et les femmes.
Méthodologie |
De novembre 2013 à décembre 2020, 357 patients revascularisés par voie endovasculaire pour ischémie critique ont été inclus. Jusqu’en février 2023, la survie globale et la survie sans amputation majeure ont été analysées à l’aide de la méthode de Kaplan-Meier. Les facteurs associés à la survie sans amputation majeure chez les hommes et les femmes ont été analysés en univarié et multivarié. Un p<0,05 a été considéré comme statistiquement significatif.
Résultats |
Trois cent cinquante-sept patients ont été inclus, dont 168 femmes, avec un âge moyen de 78,6±12 ans. L’hypertension artérielle, le diabète, la cardiopathie ischémique et la dénutrition étaient les comorbidités les plus fréquentes. Les femmes étaient plus âgées et plus fréquemment dénutries. La prévalence du diabète, du tabagisme et de la coronaropathie était significativement plus élevée chez les hommes. Au cours du suivi sur 10 ans, 241 patients sont décédés (68 %) et 22 encore en vie ont subi une amputation majeure. La survie médiane était de 35,5 mois [IQR : 29,5–43] dans la population totale. Aucune différence liée au sexe n’a été observée pour les complications périopératoires, la survie globale et la survie sans amputation majeure. En multivarié, l’âge, la coronaropathie, une CRP élevée, une FEVG et une albuminémie basse étaient corrélés à un mauvais pronostic. La dénutrition est corrélée à un mauvais pronostic, tant chez les hommes (HR=2,50 [1,16 ; 5,38], p=0,02) que chez les femmes (HR=1,77 [1,00 ; 3,13], p=0,049).
Discussion |
Le taux de mortalité reste élevé après une revascularisation endovasculaire pour ischémie critique (51 % à 3 ans). Aucune différence liée au sexe n’a été observée en ce qui concerne la survie sans amputation majeure lors du suivi à long terme.
Conclusion |
La correction de la dénutrition, en tant que facteur de risque modifiable, pourrait améliorer le pronostic fonctionnel et général à long terme, associée à une prise en charge médicale et interventionnelle optimale.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Ischémie critique, Endovasculaire
Plan
Vol 49 - N° 1
P. 34 - mars 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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