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Aspects cliniques des syndromes toxiniques streptococciques et staphylococciques - 03/06/08

D. Floret
Service d'urgence et de réanimation pédiatriques, hôpital Édouard-Herriot, place d'Arsonval, 69437 Lyon cedex 03, France 

Correspondance.

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Résumé

Staphylococcus aureus et Streptococcus pyogenes sécrètent de nombreuses toxines dont certaines sont responsables de maladies spécifiques bien établies. Les toxi-infections alimentaires à staphylocoque sont liées à l'ingestion d'aliments contenant des entérotoxines dont sept sont actuellement connues. Le syndrome d'exfoliation généralisée est en rapport avec l'exfoliatine du staphylocoque. Cette maladie touche surtout le jeune enfant, est caractérisée par une exfoliation cutanée, respectant les muqueuses, d'étendue généralement limitée et d'évolution favorable. Le foyer infectieux est souvent ORL et le staphylocoque n'est pas présent dans les bulles. Les formes graves ou étendues sont rares. Le syndrome de Ritter représente la même affection chez le nouveau-né, volontiers plus grave. L'impétigo bulleux est également lié à l'exfoliatine. Il s'agit d'une affection bénigne constituée par la présence d'un nombre limité de bulles à contenu trouble contenant le staphylocoque. L'évolution se fait vers la guérison en quelques jours. La scarlatine classique est liée aux toxines érythrogènes du streptocoque hémolytique A. La forme clinique habituelle est devenue rare. Il existe également une forme staphylococcique de la scarlatine qui se rencontre chez le jeune enfant et fait souvent suite à un foyer suppuré chirurgical avec bactériémie. Contrairement aux opinions anciennes, cette maladie n'est pas liée à l'exfoliatine mais aux entérotoxines du staphylocoque ou à la TSST-1. Il s'agit probablement d'une forme abortive du syndrome de choc toxique. Le syndrome de choc toxique réalise un syndrome de défaillance multiviscérale à début brutal et comportant de la fièvre, un rash suivi de desquamation, de vomissements et de diarrhée, une hypotension, une conjonctivite et une langue framboisée. Cette maladie est associée à une infection ou une colonisation à Staphylococcus aureus sécrétant la TSST-1. Les entérotoxines (C en particulier) peuvent également être impliquées. Cette maladie peut être observée chez l'enfant. La surinfection de la varicelle est une étiologie classique. La mortalité de cette affection est faible (de l'ordre de 5 %), liée à une atteinte respiratoire grave (SDRA) ou des troubles du rythme cardiaque. Il existe également une forme streptococcique de choc toxique lié aux toxines érythrogènes de Streptococcus pyogenes. Le tableau clinique est tout à fait similaire. Cependant, la porte d'entrée est très souvent une infection de la peau et des tissus mous, en particulier une fasciite nécrosante compliquant la varicelle. L'hémoculture est souvent positive et la mortalité beaucoup plus lourde (60 %). Alors qu'en Amérique du nord, les souches en cause produisent le plus souvent la toxine érythrogène A, les souches impliquées dans les cas européens produisent plus souvent de la toxine B avec peut-être une dysrégulation du mécanisme de contrôle de la production de toxine. Les staphylocoques produisant la leucocidine de Panton et Valentine sont à l'origine d'infections cutanées, particulièrement de furonculoses récidivantes mais surtout d'une forme particulièrement grave de pneumopathie nécrosante du sujet jeune, accompagnée de leucopénie, d'hémoptysie et de choc avec une lourde mortalité. Certaines toxines streptococciques et staphylococciques agissent comme des superantigènes et, en dehors de ces maladies bien établies, l'intervention des toxines staphylococciques et streptococciques est suspectée dans des affections pour laquelle l'intervention d'un superantigène est probable. C'est le cas du syndrome de Kawasaki où on a pu isoler de manière significativement plus fréquente que chez des témoins des souches de streptocoques et surtout de staphylocoques sécréteurs de toxines. De même, un mécanisme toxinique est suspecté dans certaines formes de mort subite du nourrisson ainsi que dans les poussées d'eczéma atopique.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Staphylococcus aureus and Streptococcus pyogenes produce a lot of toxins, some of them responsible for specific diseases. Staphylococcal food poisonning is due to ingestion of enterotoxin containing food. Seven toxins have been isolated so far. Generalized exfoliative syndrome is related to exfoliatin. Young children are particulary affected. The disease consists in a cutaneous exfoliation usually limited with a favourable outcome. The mucus membranes are not involved. The nose or pharynx are the most usual portal of entry. Staphylococcus aureus is not grown from the bullae. Severe extensive forms have been observed particulary in neonates (Ritter's disease). Bullous impetigo is also due to exfoliatin. It consists in the presence of a restricted number of cloudy bullae, from wich staphylococcus can be grown. It is a mild disease with a favourable outcome within a few days. Scarlet fever is related to the streptococcal erythrogenic toxins. The classic form of the disease is presently rare. This disease may be related to staphylococcus as a complication of arthritis, osteomyelitis or wound super-infection. Bacteremia is usual. Staphylococcal scarlet fever is not related to exfoliatin as previously believed, but to enterotoxins or TSST-1, so it seems to be an abortive form of toxic shock syndrome. Toxic shock syndrome is defined as a multi organ failure syndrome with a rapid onset, fever, rash followed by desquamation, vomiting and diarrhea, hypotension, conjunctivitis and strawberry tongue. The disease is related to an infection or colonisation with a toxin (TSST-1) producing strain of Staphylococus aureus. Enterotoxins (mainly C) may be involved. The disease may occur in childhood, sometimes after superinfection of varicella. The mortality is low (5%) and mainly due to ARDS or cardiac problems. Erythrogenic toxins produced by Streptococcus pyogenes are involved in a streptococcal form of toxic shock syndrome with a quite similar presentation. In most cases however, a cutaneous or soft tissue infection is at the origin. Necrotizing fasciitis complicating varicella is a classic cause in children. Bacteremia is often observed. The mortality rate is as high as 60%. The streptococcal strains involved in north america use to produce the toxin erythrogenic A, the european cases seem to be more related to strains secreting the B toxin with a dysregulation of the mecanisms wich control the secretion of the toxin. Staphylococcus strains producing the Panton and Valentine leucocidin are responsible for chronic or relapsing furonculosis and above all for a very severe necrotizing pneumonia observed in children and young adults presenting as an acute respiratory distress syndrome with leucopenia, hemoptysis and shock carying a heavy mortality rate. Besides these specific diseases, staphylococcal and streptococcal toxins may be involved in some syndromes of unknown origin, in wich the intervention of superantigens seems very likely. Kawasaki syndrome is among them as strains producing staphylococcal and streptococcal toxins have been grown from patients with Kawasaki syndrome. In the same way, the intervention of toxins is suspected in the determination of sudden infant death syndrome and atopic eczema.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots-clé : staphylocoque / streptocoque / syndrome toxinique

Keywords : child / shock septic / staphylococcal infections / staphylococcal scaled skin syndrome / streptococcal infections / toxins


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Vol 8 - N° S4

P. 762-768 - janvier 2001 Retour au numéro

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