Évaluation de l’efficacité et de la tolérance des patchs de capsaïcine dans un centre de lutte contre le cancer (CLCC) - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Les douleurs neuropathiques (DN) sont une problématique majeure en oncologie nécessitant une prise en charge complexe et pluridisciplinaire. Les patchs de capsaïcine 179 mg sont indiqués chez l’adulte dans la prise en charge des DN. Leur utilisation est croissante dans notre CLCC depuis 2012.
Objectifs |
L’objectif de cette étude est d’évaluer la tolérance lors de la pose des patchs de capsaïcine et leur efficacité sur les DN en oncologie.
Méthode |
Une étude rétrospective a été réalisée pour les patients ayant débuté un traitement par patch de capsaïcine en 2019. Ces données ont été extraites jusqu’en juin 2023. Pour chaque patient, l’origine de la douleur, sa localisation, le nombre de poses effectuées, la tolérance, le score Score Neuropathy Pain Symptom Inventory (NPSI), et le motif d’arrêt ont été renseignés.
Résultats |
Au cours de l’année 2019, 67 patients ont débuté un traitement par patch de capsaïcine. L’âge médian était de 55 ans [21–94 ans]. Il s’agissait à 90 % de femmes. Les DN étaient principalement post-chirurgie seule (n=33) ou post-chirurgie et radiothérapie (n=10). Les DN post-chimiothérapie concernaient 15 patients. La principale molécule concernée était le paclitaxel (n=7), suivi du docétaxel (n=4). Au total, 209 séances de pose ont été réalisées chez ces 67 patients (3,1 poses par patient en moyenne [1–15 poses]). Le score NPSI, mesuré avant la pose de patch de capsaïcine, a été diminué de plus de 30 % par rapport à la première pose dans 36,2 % des cas ; diminué de moins de 30 % dans 20,1 % des cas, et il est resté stable ou a augmenté dans 39,5 % des cas (score non renseigné pour 4,2 % des poses). Sur les 209 séances de pose, 29 % ont été suivies d’effets indésirables (sensation de brûlure : n=43 ; érythème : n=20 ; picotements : n=4 ; autres : n=8). La prise en charge par patch de capsaïcine est toujours en cours pour 8 des 67 patients. Le motif d’arrêt principal est une absence d’efficacité, avec parfois une mauvaise tolérance de la pose et/ou une recrudescence des douleurs après la pose associées (n=21). Les poses ont été arrêtés pour 18 patients car le syndrome douloureux était résolu. Les autres motifs d’arrêt sont des patients perdus de vue (n=5), des patients qui ne se sont pas présentés à un rendez-vous (n=2), le décès du patient (n=2). Le motif d’arrêt n’est pas renseigné pour 8 patients.
Discussion/Conclusion |
Dans notre CLCC, les patchs de capsaïcine ont été posés principalement secondairement à une chirurgie. Cette thérapeutique a été pleinement efficace pour 38,8 % des patients (applications toujours en cours ou arrêt de pose pour résolution des douleurs), et a permis une réduction du score NPSI par rapport au score initial dans 56,3 % des cas. En 2015, une étude réalisée dans notre centre rapportait que 85 % des poses étaient suivies d’effets indésirables locaux contre 29 % seulement dans notre étude. Cela peut être expliqué par une modification des modalités d’application, avec application de froid en systématique avant la pose du patch.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Capsaïcine, Douleur cancéreuse, Évaluation de médicament
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e120-e121 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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