Étude connaissances, attitudes et pratiques sur le mésusage de la corticothérapie orale : enquête nationale auprès des pharmaciens d’officine au Maroc - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Le mésusage des corticostéroïdes oraux constitue un problème croissant au Maroc.
Le manque de sensibilisation des patients et la facilité d’obtention de corticostéroïdes oraux sans ordonnance sont des facteurs sous-jacents importants.
En tant que premier interlocuteur, le pharmacien a un rôle important dans la surveillance et la lutte contre le mésusage des corticoïdes oraux.
Objectifs |
Évaluer les connaissances, les attitudes et les pratiques des pharmaciens d’officine du Maroc, relatives au mésusage de la corticothérapie orale.
Méthode |
Il s’agit d’une étude transversale réalisée auprès des pharmaciens d’officine du Maroc qui ont été inclus en fonction de leur disponibilité et de leur accessibilité. L’enquête a été menée à l’aide d’un questionnaire Google Forms validé et testé en pilote utilisant une échelle de Likert de 1 à 5, renseignant sur les données sociodémographiques des pharmaciens, leurs connaissances, attitudes et pratiques de dispensation de la corticothérapie orale.
L’analyse des données a été réalisée à l’aide du logiciel SPSS.
Résultats |
Cent pharmaciens d’officine du Maroc (âge moyen de 43,86±12 ans, 54 % de sexe féminin, ancienneté d’exercice moyenne de17±11 ans) ont répondu à l’enquête.
Soixante pourcent des pharmaciens ont répondu correctement à la définition du mésusage.
Parmi les pharmaciens, 92 % d’entre eux ont confirmé que la prise d’une corticothérapie au long cours exposerait le patient au risque d’ostéoporose et 82 % au diabète.
Trente et un pourcent des pharmaciens estiment que les raisons du mésusage de la corticothérapie orale sont la méconnaissance des effets indésirables contre 20 % au désir de prise de poids.
Quatre-vingt-dix pourcent des pharmaciens ont estimé avoir un rôle important dans la lutte contre le mésusage et seulement 15 % des pharmaciens étaient totalement d’accord que le principal obstacle qui entravait cette lutte était la possibilité de se procurer le traitement d’une autre pharmacie.
Onze pourcent des pharmaciens ne délivrent jamais la corticothérapie orale sans ordonnance.
Cinquante pourcent des pharmaciens n’ont jamais notifié un effet indésirable au Centre anti poison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM).
Discussion/Conclusion |
Ce travail met le point sur la forte prévalence de mésusage de la corticothérapie orale au Maroc. Les facteurs associés sont multiples, d’où la nécessité d’une approche multidisciplinaire pour lutter contre le mésusage, incluant le renforcement de la notification des effets indésirables au CAPM.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Corticoïdes, Mésusage de médicament, Pharmaciens
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e122 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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