État des lieux de la prise en charge de personnes vivant avec un diabète au sein d’une officine - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
L’augmentation de la prévalence du diabète en France a un impact individuel et collectif conséquent. Ses complications chroniques entraînent une diminution de qualité de vie des personnes vivant avec un diabète (pvDT). Une prise en charge adéquate dont un suivi adapté permet de limiter ou retarder la survenue de ces complications. Or, il semblerait que celui-ci ne soit pas optimal au vu des dernières données de l’étude ENTRED 2019.
Objectifs |
Objectif principal : évaluer le suivi médical et biologique des pvDT, leur statut vaccinal et leur prise en charge médicamenteuse.
Objectif secondaire : évaluer l’impact de la précarité sur ces paramètres.
Méthode |
Étude prospective observationnelle menée de janvier à septembre 2022 au sein d’une pharmacie d’officine d’un quartier prioritaire. Toute pvDT adulte était éligible. Un questionnaire était rempli au cours d’un entretien patient permettant de recueillir les données socio-démographiques ainsi que le suivi médical et biologique, le statut vaccinal, et les traitements médicamenteux. La précarité des patients a été mesurée au moyen de 2 critères (linguistique et économique).
Résultats |
Soixante-sept patients ont été inclus (52 % de femmes, 64,9±12,6 ans, IMC 27,8 ±3,9 kg/m2, 94 % de DT de type 2). Trente-quatre pourcent d’entre eux n’avaient pas de suivi cardiologique, de même que 15 % en ophtalmologie et 13 % en médecine générale. Cinquante-quatre pourcent des pvDT n’étaient pas prises en charge par un endocrinologue. Le suivi biologique a pu être évalué pour 26 (39 %) pvDT. Le DFG était de 71,0±26,3 mL/min/1,73m2 et l’HbA1c de 7,0±0,9 % en moyenne. Concernant la vaccination, 51 %, 37 % et 5 % affirmaient être vaccinés pour la grippe, le tétanos et le pneumocoque respectivement. Soixante et un pourcent des patients ne connaissaient par leur statut pour le pneumocoque. Au niveau thérapeutique, 7,9±4,2 molécules dont 2,2±1,2 antidiabétiques étaient présents en moyenne sur l’ordonnance. Parmi les pvDT de type 2, 55 (87 %) étaient sous metformine, 28 (66 %) sous sulfamides et 9 (14 %) sous insuline. Quarante (61 %) patients affirmaient ne jamais oublier leur traitement.
Trente-six patients (54 %) étaient considérés comme précaires. Aucune différence n’a été constatée dans le suivi médical et le statut vaccinal entre les groupes « précaire » et « non précaire ». Le nombre d’antidiabétiques (2,5±1,4 versus 1,8±0,8, p=0,01) ainsi que la proportion de pvDT de type 2 insulinées (22 versus 3 %, p=0,03) étaient significativement plus importants chez les patients précaires.
Discussion/Conclusion |
Cette étude a permis d’identifier les points à améliorer dans le suivi des pvDT inclues, en particulier le suivi médical et le statut vaccinal. Elle montre la possibilité d’évaluer le bon suivi des pvDT en pharmacie d’officine, y compris chez des patients précaires, avec comme principale limite, des difficultés d’accès à certaines données notamment biologiques. L’arrivée de nouvelles solutions numériques devrait améliorer ce manque et ainsi permettre aux pharmaciens d’officine de renforcer leur rôle.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Continuité des soins, Diabète, Vulnérabilité sociale
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e123-e124 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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