Administration de la teicoplanine par voie sous-cutanée : revue de la littérature et données pharmacocinétiques - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La Téicoplanine est un glycopeptide utilisé dans le traitement des infections à bactéries Gram positif sensibles, notamment ostéoarticulaires ou endocardites. Son autorisation de mise sur le marché (AMM) inclut les voies d’administration intraveineuse (IV) et intramusculaire (IM). Quand la voie IM est inutilisable (anticoagulation) et le capital veineux restreint, la voie sous-cutanée (SC) représente une alternative, particulièrement chez des patients âgés, déshydratés ou en fin de vie. De plus, la voie SC permet de faciliter une prise en charge ambulatoire.
Objectifs |
Créer un argumentaire encadrant l’administration hors AMM de la téicoplanine par voie SC lorsque les injections IV et IM sont impossibles.
Méthode |
Une revue bibliographique a été réalisée via PubMed et Google Scholar avec les mots-clés « teicoplanin » and « subcutaneous ». Les articles présentant des résultats pharmacocinétiques (PK), pharmacodynamiques ou de tolérance de cette voie chez l’homme publiés depuis 2010 ont été sélectionnés, comparés et synthétisés.
Résultats |
L’extraction retrouvait 21 articles dont 8 ont été retenus. Après reconstitution dans de l’eau pour préparation injectable et dilution dans 50 mL de NaCl 0,9 %, le schéma d’administration SC de téicoplanine retrouvé est une perfusion en 30 minutes. Les doses utilisées étaient identiques à l’AMM : dose de charge de 6 à 12 mg/kg toutes les 12heures sur 3 à 5 injections puis 6 mg/kg une fois par jour, ou 12 mg/kg si infection sévère. Le critère d’efficacité retenu était la concentration résiduelle mesurée juste avant réadministration, qui n’était pas significativement différente lorsque la téicoplanine était administrée en IV ou en SC. Une étude de PK populationnelle a évalué les aires sous la courbe (ASC). Elles n’étaient pas significativement différentes entre les deux voies après 14 jours, mais l’état d’équilibre était plus long à atteindre par voie SC. Les effets indésirables majoritaires étaient des réactions locales au point d’injection, identiques à ceux de la voie IV. Une étude rétrospective a identifié l’utilisation d’un cathéter rigide comme facteur de risque d’effets indésirables locaux.
Discussion/Conclusion |
Au plan PK, l’absorption de téicoplanine par voie SC est comparable à celle par voie IM. De plus, les ASC des voies SC et IV sont similaires une fois l’équilibre atteint. Du fait que l’équilibre soit atteint plus lentement avec la voie SC, autant que possible une phase d’induction de 4 jours en IV est idéale avant de passer en SC. La concentration résiduelle doit être mesurée une fois par semaine pour ajuster ou valider la dose en cours. La tolérance locale reste à surveiller chez ces patients fragiles et peut être améliorée par des cathéters souples. Enfin, malgré l’absence d’étude prospective comparant les voies d’administration, les données de la littérature sur la PK de vie réelle montrent que la voie SC est aussi sûre et efficace que l’IV.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Hypodermoclyse, Téicoplanine, Utilisation hors indication
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e124-e125 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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