Interactions médicamenteuses détectées au cours de l’analyse pharmaceutique des prescriptions en officine à Abidjan : prévalence, typologie et interventions pharmaceutiques potentielles utiles a leur gestion - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Le pharmacien d’officine est un acteur incontournable dans la sécurisation de la thérapeutique médicamenteuse. Une bonne connaissance des interactions médicamenteuses (IM) fréquemment rencontrées dans le contexte de pratique officinale, et des recommandations utiles à leur gestion contribuent à l’amélioration des soins pharmaceutiques en ambulatoire.
Objectifs |
L’objectif de notre étude était d’analyser la prévalence, la typologie et les interventions pharmaceutiques potentielles liées aux IM détectées en officine de pharmacie au cours de l’analyse pharmaceutique des prescriptions (APP).
Méthode |
Une étude transversale a visé descriptive a été réalisée dans dix (10) officines de pharmacie de la ville d’Abidjan (Côte d’Ivoire) de juin à octobre 2022. Les supports de prescriptions physiques (SP) comprenant au moins une ligne de prescription ont été inclus. L’APP intégrant une observation pharmaceutique a été réalisée pour la détection des IM et l’identification d’intervention pharmaceutique (IP) utiles à leur gestion. Les IM ont été catégorisées en termes de « niveau de contrainte », et « nature de risque ». La base de données thériaque, le thésaurus des IM de l’agence nationale des médicaments et produits de santé (France) et l’outil de catégorisation des IP adapté au contexte officinal et élaboré par la société française de pharmacie clinique ont été utilisés. La prévalence et les facteurs thérapeutiques associés à la survenue des IM ont été déterminés.
Résultats |
L’étude a concerné 1034 SP. La prévalence des IM détectées était de 13,8 % avec en moyenne 0,2 IM par support. Sept pourcent (7 %) des IM ont impliqué des médicaments pris en dehors de ceux présents sur le SP analysé. Les IM était essentiellement de niveau « à prendre en compte » (47,6 %) et concernaient principalement les antihistaminiques H1 (21,3 %), les antipaludiques (11,9 %), les fluoroquinolones (7,9 %) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (7 %). Les risques majoré de torsades de pointe (28,5 %), de dépression centrale (22,4 %) et d’échec thérapeutique lié à une réduction de l’absorption (10,7 %) ont été les principales « nature de risque » identifiées. Les facteurs thérapeutiques associés à la survenue des IM étaient principalement la prescription de fluoroquinolone (OR=3,5 ; p<0,001), la prescription d’antipaludique (OR=1,7 ; p=0,006) et l’existence d’au moins 5 lignes de prescription sur un support (OR=2,5 ; p<0,001). Les IP identifiées pour la gestion des IM étaient principalement de type « suivi thérapeutique » (41,6 %), changement de médicament (28,5 %) et arrêt (17,3 %).
Discussion/Conclusion |
L’analyse pharmaceutique des SP à l’officine contribue à l’optimisation et la sécurisation des traitements par la détection et gestion des interactions médicamenteuses. Le pharmacien d’officine doit réaliser systématiquement l’APP en intégrant une observation pharmaceutique de qualité.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Pharmacie, Prescription, Soins pharmaceutiques
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e125 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
