Mise en place d’outils pour sécuriser le circuit d’une unité de rétrocession : quel impact sur l’évolution des interventions pharmaceutiques (IP) ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Un outil informatique de suivi des patients (tolérance, observance, bon usage, efficacité thérapeutique), un livret d’aide à la dispensation et des actions de formation par le jeu ont été mis en place afin de sécuriser le circuit de la rétrocession et d’améliorer la prise en charge des patients.
Objectifs |
Déterminer si la mise en place de ces outils a eu un impact sur l’évolution des IP afin d’en évaluer l’efficacité.
Méthode |
Une étude rétrospective des IP acceptées de 12/2021 à 06/2023 a été réalisée afin de suivre leur évolution au regard des outils déployés. Une analyse quantitative et qualitative des IP a été effectuée, la grille de recueil de la SFPC a été adaptée à l’usage ambulatoire. L’impact a été coté via l’échelle CLEO par 4 pharmaciens pour minimiser le biais de classification.
Résultats |
Sur les 264 IP recensées, 30 % concernent la non-conformité à la règlementation (non-respect du plan de gestion de risque (PGR), prescripteur non autorisé), une erreur de durée de traitement (25 %) ou de posologie (23 %), la présence d’une interaction (17 %). L’impact clinique était majeur (54 %), moyen (40 %), mineur (5 %) ou vital (1 %) avec la prescription de BCG thérapie chez un nourrisson et le surdosage d’un facteur 10 de Sildenafil chez un nouveau-né. Pour 37 % des IP l’impact économique était favorable (15 % défavorable) et l’impact organisationnel était à 97 % bénéfique. La moyenne d’IP mensuelle passe de 2,3 (fin 2021) à 8,7 (printemps 2022), puis à 15 (rentrée 2022) et enfin 24 (début 2023). Les sphères thérapeutiques les plus représentées sont l’hématologie (27,5 %) avec le Lénalidomide en chef de file, l’infectiologie (26 %) avec surtout le linézolide et l’oncologie (15,6%) avec le temozolomide.
Discussion/Conclusion |
L’outil de suivi des patients créé en 03/2022 a permis d’augmenter d’un facteur 4 le nombre d’IP et de détecter des erreurs jusqu’alors passées inaperçues car nécessitant un historique. Le nombre d’IP augmente à nouveau en 09/2022 avec la mise à disposition informatique du livret d’aide à la dispensation. Puis de même en 01/2023, avec les actions de formation et l’impression du livret. Les médicaments rétrocédables sont à risque (chimiothérapie orale, accès précoce ou compassionnel, soumis à un PGR) et concernent des pathologies graves, la majorité des IP ont ainsi un impact clinique majeur. Ce travail nous a permis d’identifier les médicaments avec le plus fort taux d’erreur pour chacune des sphères thérapeutiques et d’envisager des formations ciblées pour les prescripteurs. Le taux d’acceptation des IP n’a pas été calculé car seules les IP acceptées ont été recensées, mais cela pourrait faire l’objet d’un prochain travail. Enfin, on ne peut exclure un biais de sélection avec une potentielle sous déclaration des IP.
L’étude confirme l’efficacité des outils mis en place, ils permettent d’améliorer notre expertise grâce à l’apport d’informations sur le patient et le médicament, ce qui sécurise le circuit.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Dispensation et distribution de médicaments en milieu hospitalier, Pratique professionnelle institutionnelle, Sécurité des patients
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e126 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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