Impact de la prise en charge immunosuppressive sur le recours aux soins chez les patients transplantés d’organes solides - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La transplantation d’organe solide (TOS) est la dernière option thérapeutique pour certaines maladies chroniques. Son succès à long terme dépend d’une gestion efficace de l’immunosuppression (IS). Un déséquilibre peut entraîner un rejet et diverses complications, ce qui a un impact sur le pronostic du patient. En 2022, la cohorte de patients TOS représentait 51 860 patients vivants en France. L’étude de grands échantillons en vie réelle est désormais possible grâce au développement des entrepôts de données de santé (EDS). En intégrant un grand nombre de données relatives aux soins de santé provenant de diverses sources, les EDS fournissent une plateforme pour l’analyse des données qui peut soutenir la prise de décision éclairée dans les organismes de soins de santé.
Objectifs |
Évaluation de l’impact des différents types de prise en charge immunosuppressive sur le recours aux soins des patients TOS.
Méthode |
Une étude épidémiologique rétrospective a été menée sur les patients TOS entre le 01/01/2015 et le 31/12/2022 grâce à l’EDS PREDIMED. Les groupes de patients ont été définis en fonction du nombre de médicaments immunosuppresseurs (IS) pris. Afin de prendre les facteurs de confusion potentiels entre les 3 groupes, un score de propension (PS) généralisé a été utilisé. Les données manquantes ont été gérées par imputation multiple. Le critère de jugement principal était le délai avant la première hospitalisation non programmée (HNP) lors du suivi post-transplantation à trois ans, calculé grâce à un modèle de Cox exprimé sous la forme d’un rapport de risque (HR) et de son intervalle de confiance à 95 % (IC95 %).
Résultats |
Au total, 1339 patients ont été inclus. Trois groupes ont été identifiés : bi- (n=403), tri- (n=770) et quadrithérapie (n=166). L’utilisation de la quadrithérapie étaient associée à une réduction du délai avant la première hospitalisation non programmée (HR : 2,69 ; IC95 % : 1,77–4,1 ; p<0,001, temps=925j contrairement à la trithérapie HR : 1,4 ; IC95 % : 0,99–1,97 ; p=0,05, temps=1018j). L’augmentation du nombre d’IS était associée à un risque accru d’infection et de rejet, ainsi qu’à une récurrence accrue des événements.
Discussion/Conclusion |
Ces résultats soulignent l’importance d’une prise en charge immunosuppressive optimisée pour limiter le risque d’infection et de rejet à moyen terme. Cependant, l’importance clinique de la réduction du délai avant la première HNP est limitée. De futures études utilisant des bases de données plus importantes seront nécessaires pour confirmer ces résultats.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Entrepôt de données, Immunosuppression thérapeutique, Transplantation d’organe
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e131 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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