Cabotegravir/rilpivirine longue durée d’action, quel bilan après un an ? Étude rétrospective de vraie-vie - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Récemment mise sur le marché, l’association cabotegravir/rilpivirine (CAB/RPV) à longue durée d’action (LA) par voie intramusculaire offre une alternative prometteuse dans le traitement du VIH et permettrait l’amélioration de l’observance des patients grâce à un schéma d’injection tous les 2 mois. Cependant, il existe à ce jour très peu de données en vie réelle sur l’utilisation et l’efficacité de ce traitement.
Objectifs |
Décrire une cohorte de patient traitée CAB/RPV LA, l’efficacité virologique, le circuit pharmaceutique et analyse des causes ayant conduit à l’arrêt de la stratégie.
Méthode |
Étude rétrospective observationnelle d’une cohorte de patients ayant débuté un traitement par association CAB/RPV entre février 2022 et août 2023. Les données ont été recueillies grâce au logiciel patient Hôpital Manager® et le logiciel national de suivi des patients VIH NADIS®.
Résultats |
Au total, 48 patients (40 hommes ; 83,3 %, 46 ans [40–59], d’IMC médian 24,7 [21,7–26,3]) ont été inclus. Le suivi médian des patients depuis leur diagnostic était en médiane de 171,5 mois [117–224,75] dont 155 mois médian [99–204] de traitement par antirétroviraux. À l’instauration de CAB/RPV, le taux de CD4 médian était de 824 [643–93] et les patients étaient tous indétectables. L’association CAB/RPV était majoritairement prescrite en relais de bictégravir/emtricitabine/ténofovir (n=12 ; 25 %) ou rilpivirine/emtricitabine/ténofovir (n=10 ; 21 %). Lors de ce relais, une phase de prise orale était réalisée dans 50 % des cas (n=24). Les patients étaient à l’initiative du changement de traitement dans 60,4 % des cas (n=29). Après une durée de traitement médiane de 11,5 mois [6–17] de traitement par CAB/RPV tous les patients sont restés indétectables. La dispensation de cette bithérapie avait lieu dans 65 % en rétrocessions hospitalière (n=31) et les injections étaient réalisées dans 94 % (n=45) en hospitalisation de jour de maladies infectieuses. L’association CAB/RPV a été arrêté chez 15 % des patients (n=7) après 12 mois en médiane [10–14] de traitement. Parmi les raisons d’arrêt, on retrouve la contrainte de l’hospitalisation de jour (n=2), des troubles digestifs (n=2), la douleur au point d’injection (n=1), la découverte d’une hépatite B (n=1) et un début de grossesse (n=1).
Discussion/Conclusion |
Après environ un an de suivi, le relais de traitement vers une association CAB/RPV n’a pas conduit à d’échecs virologiques. Seuls 7 patients ont arrêté le traitement dont 3 à cause d’effets indésirables. Cependant, le choix fait dans notre établissement, de réaliser les administrations majoritairement en hôpital de jour, dans le but de réaliser un suivi rapproché, a induit deux arrêts. Ainsi, la mise en place, plus systématique, d’injections à domicile par un personnel infirmier éviterait la contrainte liée à l’hospitalisation et faciliterait l’adhésion de certains patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Cabotegravir, Rilpivirine, VIH
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e132-e133 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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