Évaluation des déprescriptions d’inhibiteurs de pompe à protons dans le parcours de soins des patients inclus dans un dispositif territorial de pharmacie clinique - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Les inhibiteurs de pompe à protons (IPP) sont parmi les classes thérapeutiques les plus prescrites en France. De nombreuses prescriptions ne sont pas justifiées et induisent un important mésusage. Les conséquences sont particulièrement importantes chez la personne âgée et responsables d’évènements iatrogènes. Depuis 2021, un dispositif territorial de pharmacie clinique ville–hôpital (DTPC) a été mis en place. Celui-ci permet de développer la conciliation médicamenteuse et l’expertise pharmaceutique clinique à l’hôpital et les bilans de médication à l’officine mais également développer les échanges entre pharmaciens hospitaliers et officinaux. LE DTPC porte une attention particulière à la déprescription (baisse ou arrêt) des IPP dans les parcours de soins (PS) des patients âgés polymédiqués bénéficiant d’une hospitalisation dans un établissement de santé de notre territoire.
Objectifs |
Évaluer l’évolution des prescriptions d’IPP dans le PS des patients inclus dans le DTPC.
Méthode |
Étude rétrospective, descriptive de l’évolution des prescriptions d’IPP des patients du DTPC entre l’entrée, la sortie d’hospitalisation et à 30 et 90 jours après la sortie. Les données ont été collectées parmi les 788 patients hospitalisés inclus entre le 01/10/2021 et le 31/03/2022. Ces données concernaient : des données générales des patients, les IPP prescrits et leurs posologies à l’admission, à la sortie et à j30 et j90 post-hospitalisation. Les données recueillies à partir des dossiers patients et de leurs ordonnances ont été colligés et analysées dans un tableur Excel®. L’étude à recueillie l’accord du comité d’éthique.
Résultats |
Parmi les 788 patients, 215 patients (27,3 %) étaient sous IPP à l’entrée en hospitalisation (59,1 % de femmes, âge moyen : 86 ans). Parmi eux, 58,0 % avaient une posologie à dose préventive. Pour les 190 patients conciliés à la sortie, 32,1 % bénéficiaient d’une déprescription : soit une diminution de posologie pour 13,2 % soit un arrêt pour 18,9 %. Parmi les patients ayant bénéficié d’une baisse de posologie, celle-ci était maintenue ou à nouveau diminuée pour 90,9 % à j30 et pour 82,0% à j90. Pour les patients ayant bénéficié d’un arrêt de l’IPP à la sortie, l’arrêt étaient maintenu pour 76,2 % à j30 et pour 70,6 % à j90.
Discussion/Conclusion |
Cette évaluation préliminaire permet de décrire que les déprescriptions initiées en hospitalisation pour les patients inclus dans le DTPC sont majoritairement maintenues à 30 et 90 jours après la sortie. Nous pouvons émettre l’hypothèse que les activités menées au sein d’un DTPC et la transmission des données de prise en charge médicamenteuse entre professionnels de santé contribue à la déprescription et à son maintien dans le temps. D’autres études devront être menées dans ce sens pour confirmer cette hypothèse. Des entretiens seront également menés auprès des professionnels de santé concernés pour analyser les éléments influençant les déprescriptions dans leurs exercices.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Déprescriptions, Inhibiteurs de la pompe à protons, Parcours de soins
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e134 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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