Intégration du pharmacien clinicien dans un service médical, c’est du classique ! Et si on inversait les rôles ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Dans le cadre du plan de lutte contre l’iatrogénie et du renforcement de l’observance thérapeutique chez nos patients cancéreux, exprimant de plus en plus leur besoin d’information sur leurs thérapeutiques anticancéreuses orales, ainsi que du déploiement récent des activités de pharmacie clinique dans notre établissement, nous avons profité du passage de deux médecins en instance de thèse dans notre PUI pour tester l’efficacité d’une nouvelle technique de pharmacie clinique adaptée à la rétrocession : intégrer cette fois-ci le médecin dans un service pharmaceutique.
Objectifs |
Évaluer l’efficacité de notre démarche dans l’amélioration des connaissances des médecins et leur perception vis-à-vis des prestations pharmaceutiques.
Méthode |
L’étude s’est étalée sur 2 semaines au niveau de la cellule de rétrocession des anticancéreux de notre institution. Un questionnaire d’évaluation de 4 items (connaissances sur pharmacothérapie, compréhension des enjeux pharmaceutiques, pharmacovigilance et perception du risque iatrogène, perception de la collaboration interprofessionnelle) était remis aux 2 médecins avant et à la fin de la période de l’étude. Les 2 semaines consistaient en un jeu de simulation où les 2 médecins ont repris le rôle du pharmacien dans ses activités quotidiennes au sein de ladite cellule.
Résultats |
Au cours de la période de l’étude, sous la supervision d’un pharmacien clinicien, les 2 médecins ont pu mener 42 entretiens « médico-pharmaceutiques ». Nous avons remarqué au départ une lacune de connaissances sur les mécanismes d’action et de sa relation avec l’iatrogénie, ainsi qu’une perception négative de l’utilité de la pharmacovigilance dans la sécurité des patients. Aussi, pour nos 2 interrogés, le rôle du pharmacien se limitait à « accorder » le médicament. Aucun des deux ne connaissait la démarche d’approvisionnement ni la notion de « pharmacie clinique ». Un médecin ne voyait pas l’intérêt de la collaboration interdisciplinaire. La fin de période était marquée par une perception positive du rôle du pharmacien et une forte acceptabilité de la démarche coopérative. Nos 2 participants ont exprimé leur souhait de généraliser cette expérience pour l’ensemble des étudiants en médecine. D’après ces derniers : « ça va leur permettre de bénéficier d’une formation plus approfondie en pharmacothérapie, pharmacovigilance, d’une meilleure connaissance des activités spécifiques de pharmacie clinique et surtout de maîtriser les outils de communication et de collaboration interdisciplinaire ».
Discussion/Conclusion |
Nos résultats sur l’amélioration des connaissances et la perception positive de nos consultés nous encouragent à élargir le champ de cette expérience. Actuellement, nous préparons l’ensemble des services de notre institution à participer à la même étude. En cas de réussite, nous comptons proposer l’intégration d’un stage pharmaceutique dans le cursus des étudiants en médecine de notre faculté.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Médecin, Pharmacie clinique, Simulation
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e136 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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