Mise en place d’entretiens pharmaceutiques sur les chimiothérapies injectables en hôpital de jour d’oncologie digestive : bilan à 5 mois - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Suite au lancement d’une activité d’oncologie digestive au sein de notre établissement en juin 2023, il a été décidé de mettre en place des entretiens pré-thérapeutiques pour les patients bénéficiant de chimiothérapies injectables, durant lesquels quatre professionnels interviennent (oncologue, infirmier, diététicien) dont le pharmacien.
Objectifs |
L’objectif de cette étude est de réaliser un bilan 5 mois après le déploiement des entretiens pharmaceutiques.
Méthode |
Après discussion avec l’équipe d’oncologie, le champ d’intervention du pharmacien a été définit et comprenait 4 items : le protocole de chimiothérapie et ses effets indésirables, les interactions éventuelles, le bon usage de la chambre implantable et les vaccins recommandés. Les supports utilisés ont été validés au préalable : fiches conseils ONCO Hauts-de-France, livret patient « ma chimiothérapie et moi ». La durée était de 30 minutes par intervenant. En fin d’entretien, un débriefing était réalisé entre les différents professionnels.
Résultats |
En 5 mois, 23 patients (13 hommes et 10 femmes) dont l’âge âge médian était de 65 ans, se sont entretenus avec le pharmacien. Les entretiens concernaient essentiellement les protocoles à base de 5-FU (FOLFOX [n=6 ; 26 %], FOLFIRINOX et FOLFIRI [n=2 ; 9 %]) et les thérapies ciblées (atézolizumab associé au bévacizumab [n=4 ; 17 %]). Les indications principales étaient : cancer colorectal (n=11 ; 48 %) et hépatocellulaire (n=4 ; 17 %). Au total, 48 interventions pharmaceutiques (IP) ont été formulées soit en moyenne 2 IP par entretien. Environ 29 % des IP (n=14) traitaient de la gestion des effets indésirables comme l’alopécie et les vomissements chimio-induits. Treize IP (27 %) concernaient les interactions avec le traitement médicamenteux ou avec la phytothérapie (exemple : thé vert). En effet, parmi l’ensemble des patients, 22 % (n=5) consommaient des plantes. La couverture vaccinale était faible puisque seuls 17 % (n=4) des patients étaient à jour ; 19 IP (40 %) ont été formulées à ce sujet. La chambre implantable ne semblait pas être source d’interrogations pour les patients car le pharmacien n’est intervenu qu’à deux reprises sur cet item (conseils relatifs à la pratique du javelot et à la cicatrisation du port à cathéter).
Discussion/Conclusion |
Ces résultats confirment l’intérêt d’une collaboration interdisciplinaire lors de la mise en place d’entretiens pré-thérapeutiques oncologiques et le rôle important que joue le pharmacien dans l’accompagnement du patient dans sa prise en charge médicamenteuse de par l’analyse d’interactions ou encore les conseils associés à la gestion des effets indésirables. Le bilan à 5 mois s’est révélé positif et il serait intéressant à l’avenir d’évaluer la satisfaction des patients. D’autres hôpitaux de jour, dédiés aux chimiothérapies orales cette fois, devraient se développer prochainement au sein de notre établissement.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Chimiothérapie, Entretien pharmaceutique, Oncologie
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e138 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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