Psychotropes chez les sujets âgés : sommes-nous conformes aux recommandations ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La prescription de médicaments potentiellement inappropriés chez le sujet âgé est une problématique récurrente. Il apparaît souvent pertinent, dans un objectif d’amélioration continu des pratiques, de réaliser des évaluations des pratiques professionnelles (EPP) sur le sujet. C’est un des objectifs du contrat d’amélioration de la qualité et de l’efficience des soins.
Objectifs |
Évaluer les prescriptions de psychotropes potentiellement inappropriées chez les personnes âgées dans l’établissement.
Méthode |
Cette étude observationnelle rétrospective a été réalisée en 2022. Les patients inclus étaient âgés de plus de 75 ans et hospitalisés en SSR ou EHPAD. Après un tirage au sort, 163 dossiers patients ont été sélectionnés. Une grille d’évaluation élaborée par les Observatoires du médicament, des dispositifs médicaux et de l’innovation thérapeutique a été utilisée pour le recueil et l’analyse des données.
Résultats |
Au total, la population de l’étude comprenait 118 patients d’EHPAD et 45 de SSR (moyenne d’âge 87 ans). Une moyenne de 10,2 molécules prescrites par patient a été retrouvée. Parmi les patients, 70,6 % étaient sous benzodiazépines (BZD), 52,1 % sous antidépresseurs (AD) et 25,8 % sous neuroleptiques (NL). De plus, 22,1 % des patients avaient au moins 2 psychotropes de la même classe pharmacothérapeutique. Les prescriptions de BZD (115 patients) ont obtenu un score de non-conformité (NC) de 67,8 % : BZD prescrit depuis plus de 4 semaine (63,5 %), BZD à demi-vie longue (10,4 %). En ce qui concerne les prescriptions de NL (42 patients), un taux de non-conformité de 11,9 % a été observé : prescription de neuroleptiques phénothiaziniques en 1re intention (60,0 %), prescription de NL autres que la quétiapine ou la clozapine en présence d’une maladie de Parkinson ou d’une démence à corps de Lewy (11,1 %). Quant aux prescriptions de médicaments aux propriétés anticholinergiques, un taux de non-conformité de 4,9 % a été relevé : prescription en présence d’une démence et/ou un syndrome confusionnel (7,3 %), prescription d’hydroxyzine (3,1 %). En ce qui concerne les prescriptions d’AD (85 patients), un taux de non-conformité de 1,2 % a été constaté : prescription d’inhibiteurs sélectifs de recapture de la sérotonine en présence d’une hyponatrémie concomitante ou récente de moins d’un mois (2,3 %).
Discussion/Conclusion |
Une restitution des résultats a été réalisée auprès de chaque service (résultats globaux et résultats spécifiques du service). Les règles de prescription de chaque classe médicamenteuse et les recommandations ont été rappelées, ainsi que l’importance des réévaluations régulières des prescriptions dans leur globalité. Ce travail a également été présenté en Commission du médicament afin de sensibiliser le plus grand nombre de prescripteurs. Actuellement, la pharmacie organise des revues de prescription pour 3 EHPAD et 1 SSR. Il serait intéressant de développer cette activité à plus grande échelle sur l’établissement.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Sujet âgé, Système nerveux central, Utilisation médicament
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e141-e142 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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