La colchicine : comment sécuriser la prise en charge des patients ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
En décembre 2022, l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a réadapté la posologie de la colchicine suite à de nombreuses alertes de surdosage.
Objectifs |
Évaluer les prescriptions de colchicine dans l’établissement et proposer un plan d’action afin de promouvoir son bon usage.
Méthode |
Après une recherche bibliographique et l’élaboration pluridisciplinaire d’un algorithme de prescription, un audit rétrospectif sur 6 mois a été mené pour recueillir les prescriptions de colchicine via le logiciel d’aide à la prescription (LAP).
La conformité de prescription a été analysée en fonction de l’indication (crise de goutte et péricardite), la posologie, l’adaptation à la fonction rénale, le poids et l’âge du patient. La co-prescription d’anti-diarrhéique a été prise en compte pour évaluer un éventuel surdosage en colchicine.
Résultats |
Au total, 97 patients ont été inclus avec un âge médian de 72 ans [24 ; 98] et un sex-ratio (homme/femme) de 1,2. Ils étaient hospitalisés dans 7 services de soin de janvier à juin 2023.
L’initiation de traitement par colchicine concernait 63,9 % (62/97) des prescriptions. Parmi les 97 prescriptions analysées, 72,2 % (70/97) étaient indiqués pour traiter une crise de goutte et 27,8 % (27/97) une péricardite.
La non-conformité globale des prescriptions était de 52,6 % (51/97). Leurs causes étaient toutes dues à une erreur de posologie dont : 64,7 % (33/51) une erreur d’adaptation à la fonction rénale, 15,7 % (8/51) une erreur d’adaptation à l’indication, 13,7 % (7/51) une erreur d’adaptation à l’âge et 5,9 % (3/51) une erreur d’adaptation au poids.
Pour 22,7 % (22/97) des prescriptions analysées, un anti-diarrhéique était prescrit et administré. Parmi celles-ci, 81,8 % (18/22) des prescriptions de colchicine étaient non-conformes.
Discussion/Conclusion |
Pour améliorer et sécuriser les pratiques, la colchicine a été inscrite dans les médicaments à haut risque de l’hôpital. Les algorithmes de bon usage ont été validés institutionnellement et diffusés sur la gestion électronique des documents de l’établissement. Une prescription sous protocole grâce au LAP a été mise en place. Des affiches de bon usage de la colchicine ont été diffusées dans tous les services. Des formations e-learning pour les infirmiers sont en cours.
Une pharmacovigilance a été réalisée pour les 22 cas de diarrhées retrouvées.
Les limites de l’étude sont liées à l’absence d’évaluation de l’information transmise au patient ainsi qu’à la restriction de l’étude aux 2 principales indications de la colchicine.
Une réévaluation des pratiques à 6 mois est prévue. En perspective de l’étude, nous nous sommes interrogés sur l’inscription de la colchicine dans les Never-Events.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Audit médical, Colchicine, Gestion des risques
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e141 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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