Évaluation de l’impact clinique potentiel des interventions pharmaceutiques : un bond de géant pour la remise en question de nos pratiques ! - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Au sein de notre centre hospitalier, l’analyse pharmaceutique (AP) est effectuée en routine sur l’ensemble des 1288 lits. En complément des indicateurs quantitatifs et qualitatifs classiques nous avons souhaité évaluer la pertinence de l’AP en s’intéressant à l’impact clinique potentiel des interventions pharmaceutiques (IP) formulées. Ce travail s’inscrit dans une démarche d’amélioration de nos pratiques de pharmacie clinique et dans une perspective d’acquisition d’un outil d’AP informatique avec monitoring en temps réel.
Objectifs |
Évaluer l’impact clinique potentiel des IP formulées dans le cadre de l’AP.
Méthode |
Sur 2 semaines : enregistrement des IP formulées (et de leur devenir) sur l’ensemble du périmètre de l’hôpital dans la base Act-IP®.
Cotation rétrospective de l’impact clinique potentiel à l’aide de l’échelle CLEO® de la SFPC, en aveugle du devenir de l’IP.
Première cotation (individuelle) par une équipe de 7 pharmaciens et 1 interne en pharmacie.
Seconde cotation, collective, des IP pour lesquelles aucun consensus n’est dégagé (<50 % de concordance, ou 50 % de concordance réparti en 2 modalités) ou comportant au moins 1 cotation −1C ou ND.
Évaluation de la concordance inter-juges lors de la cotation individuelle : calcul du coefficient Kappa de Fleiss et classification du niveau de consensus selon la table de Landis et Koch. Les IP comportant au moins 1 cotation ND n’ont pas été incluses dans cette analyse.
Résultats |
Sur 2 semaines : 590 IP ont été formulées. Le taux d’acceptation est de 47,6 %.
À l’issue de la cotation individuelle: 161 IP (27,3 %) n’ont pas de score consensuel et 49 IP (8,3 %) ont au moins 2 cotations ND. Le coefficient Kappa de Fleiss est de 0,13 (accord très faible).
Au total, 198 IP (33,6 %) ont été revues en séance collective. Au final, après le 2e tour de cotation: les pourcentages d’IP ayant un score consensuel de 4C, 3C, 2C, 1C, 0C, −1C, ou ND sont respectivement de 0,3 %, 5,8 %, 35,8 %, 30,5 %, 11,7 %, 2,4 %, et 13,6 %.
Parmi les IP refusées : 43,4 % ont un impact clinique nul ou mineur, et 4,2 % ont un impact clinique majeur ou vital.
Un test de Cochrane-Armitage a mis en évidence une corrélation linéaire entre taux d’acceptation et impact clinique (α=0,05).
Discussion/Conclusion |
La cotation de l’impact clinique potentiel des IP est un travail très subjectif (qui se manifeste par un accord très faible entre les coteurs). La forte proportion d’IP à impact clinique non-déterminé révèle un manque de précision lors de la formulation des IP et/ou de leur retranscription dans Act-IP®, et constitue un biais.
Le faible taux d’acceptation de nos IP et la forte proportion d’IP à impact clinique nul ou mineur parmi les IP refusées nous amènent à réévaluer nos pratiques d’AP en recentrant nos IP sur les situations les plus à risque.
Notre très faible niveau de consensus appelle à une harmonisation de nos pratiques et a acté la mise en place de revues des IP entre pharmaciens, et entre pharmaciens et médecins. Les IP cotées −1C lors de notre travail seront revues en priorité.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Évaluation par les pairs, Qualité des soins de santé, Revue de pertinence
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e144-e145 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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