Et si on arrêtait les IPP chez le sujet âgé ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
En 2019, environ un quart de la population était traité par inhibiteur de la pompe à protons (IPP). Néanmoins, selon la HAS, plus de la moitié de ces usages ne seraient pas justifiés. Leur utilisation inappropriée et prolongée constitue un défi majeur en matière de santé publique. À l’entrée du service de médecine interne post-urgences à orientation gériatrique de notre établissement, une réévaluation systématique des IPP prescrits est effectuée lors du bilan de médication (BM).
Objectifs |
L’objectif de cette étude était d’analyser l’impact des recommandations émises sur la déprescription des IPP.
Méthode |
Il s’agit d’une étude rétrospective, monocentrique et menée du 21/11/2022 au 25/04/2023. Tous les patients de plus de 65 ans hospitalisés dans le service présentant une prescription d’IPP à l’entrée ont été inclus. Les données recueillies étaient : le nombre de médicaments à l’entrée, la DCI de l’IPP, le dosage, l’indication, la durée de prescription et les co-prescriptions de médicaments à risque de lésions gastroduodénales (AINS, antiagrégants plaquettaires, corticoïdes, anticoagulants). À l’identification d’un mésusage de l’IPP (indications validées par le comité de sécurisation des produits de santé de notre établissement), une recommandation de sevrage était automatiquement proposée dans le BM. Une analyse des prescriptions à la sortie d’hospitalisation a été réalisée et les officines des patients ont été contactées 2 mois après la sortie.
Résultats |
Parmi les 147 BM rédigés (âge moyen 82±8 ans), 69 patients (47 %) présentaient une prescription d’IPP à l’admission, avec en moyenne 9±3 médicaments. La durée de prescription était d’au moins 8 semaines pour 66 patients et d’au moins 4 semaines pour 3 patients. Concernant les médicaments à risque de lésions gastroduodénales, 32 % des patients n’en présentaient aucun, 56 % un seul et seulement 12 % des patients avaient deux médicaments à risque. Il n’y avait pas d’indication retrouvée pour 53 prescriptions (77 %) occasionnant une recommandation systématique d’arrêt progressif. Ces dernières présentaient un taux d’acceptation de 83 % au cours de l’hospitalisation permettant l’initiation d’un sevrage. À la sortie, 34 patients (64 %) avaient une diminution de posologie et 10 patients (19 %) un arrêt de prescription. Deux mois après la sortie, parmi les patients sevrés, 5 patients n’avaient pas eu de nouvelle dispensation (50 %), 1 avait repris à demi-dose et 3 à pleine dose. Parmi les patients avec sevrage en cours, 11 (33 %) avaient été sevrés, 3 avaient poursuivi à demi-dose et 14 avaient repris à pleine dose. Les informations n’ont pas pu être récupérées pour 7 patients.
Discussion/Conclusion |
Le mésusage des IPP chez les plus de 65 ans est confirmé. Un arrêt définitif a pu être observé pour un tiers des patients ayant bénéficié d’un bilan de médication. L’amélioration de la communication ville–hôpital pourrait permettre d’accroître le taux d’acceptation de ces recommandations.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Bilan de médication, Gériatrie, Pharmacie clinique
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e144 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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