Revue de pertinence des administrations d’antithrombine en service de réanimation - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
L’antithrombine (AT) doit être présente en quantité suffisante dans l’organisme pour réguler l’hémostase et assurer l’activité pharmacologique des héparines. En réanimation, un déficit est fréquent par défaut de synthèse (inflammation) et/ou consommation au cours du sepsis ou lors de l’utilisation de membranes (épuration extrarénale, oxygénation par membrane extracorporelle) entraînant une anticoagulation inefficace. En cas de déficit en AT chez un patient à risque thrombotique élevé avec anticoagulation inefficace, une supplémentation est nécessaire. L’AT est disponible dans les services, pour une administration sans délai. L’analyse pharmaceutique n’est donc pas réalisée avant administration.
Objectifs |
Évaluer la pertinence a posteriori des administrations d’AT en réanimation.
Méthode |
Cette étude rétrospective a collecté les données cliniques et biologiques des patients en réanimation ayant reçu de l’AT du 01/01/2022 au 31/03/2023. Quatre critères de pertinence ont été établis : la mesure d’un déficit en AT (<40 %), la conformité de la posologie à l’autorisation de mise sur le marché (40UI/kg), une anticoagulation insuffisante malgré de fortes posologies d’héparine non fractionnée (>450UI/kg/j), une supplémentation d’organe ou un tableau clinique évocateur d’un risque thrombotique.
Résultats |
Quarante-neuf patients ont été inclus dans la cohorte pour 67 administrations au total (22,4 % de double et 8,2 % de triple administrations). L’activité AT médiane mesurée avant administration est de 45 % (6 manquantes) contre 70 % après (24 manquantes). La posologie médiane de l’HNF est de 321UI/kg/j. La dose cumulée médiane d’AT est de 25UI/kg. La pertinence par critère était : 44,8 % pour le 1er critère (déficit AT), 22,5 % pour le 2e (dose totale d’AT), 28,4 % pour le 3e (posologie HNF) et 83,6 % pour le 4e (clinique). La pertinence par critères combinés était de 4,5 % pour l’association des 4 critères ; elle s’élève à 41,8 % pour l’association des seuls 1er et 4e critères.
Discussion/Conclusion |
La pertinence des prescriptions d’AT est très variable selon le critère étudié. Présenter un déficit en AT est un critère majeur mais pour plus de la moitié des administrations, les patients n’avaient pas de déficit, et 4 % ont été effectuées sans mesure préalable. Un défaut de suivi a été constaté : l’activité n’a pas été suivie à 24 heures pour 36 % des administrations. Les doses administrées sont infra-thérapeutiques et très variables d’une administration à l’autre. Cela peut être volontaire : l’efficacité est réévaluée après une première administration et une nouvelle administration est effectuée si l’activité reste insuffisante. Une nouvelle analyse sera mise en place, en collaboration avec un médecin pour l’interprétation du tableau clinique, une donnée primordiale dans la prise de décision. Cela permettra de rédiger des recommandations de prescriptions.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Déficit en antithrombine, Hémostase, Thrombose
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e147-e148 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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