L’hyperprolactinémie induite par les antipsychotiques : enquête au sein d’une cohorte de femmes hospitalisées dans un établissement de santé mentale et création d’un document de sensibilisation à destination des professionnels de santé - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
L’hyperprolactinémie (HPRL) induite par les antipsychotiques (AP) est une préoccupation majeure en psychiatrie par son impact sur la qualité de vie des patients et leur adhésion au traitement. Sa prévalence est comprise entre 42 et 70 % selon les études. Cliniquement, elle se détecte par l’apparition de galactorrhées, la perte de libido, des troubles menstruels, voire une infertilité et une ostéoporose à long terme.
Objectifs |
Les objectifs de ce travail étaient d’étudier la prévalence et les conséquences de l’HPRL dans une cohorte de patientes et de proposer aux professionnels de santé un support d’information sur ce sujet.
Méthode |
Une étude transversale a été menée, entre février et avril 2023, dans une cohorte de patientes hospitalisées dans un établissement de santé mentale, âgées de 18 à 55 ans et traitées par AP depuis au moins 10 jours. Les données recueillies au cours d’un entretien pharmaceutique étaient notamment : la présence de symptômes évocateurs d’une HPRL, le ressenti des patientes vis-à-vis de ces effets indésirables et la valeur du dosage de prolactine. En parallèle, une revue de la littérature a été réalisée pour proposer, au niveau institutionnel, une plaquette destinée aux professionnels de santé sur cette problématique.
Résultats |
Parmi les 62 patientes interrogées, 47 (76 %) ont déclaré avoir au moins un des effets indésirables étudiés : troubles de la libido, aménorrhée, mastodynie, galactorrhée avec 8 patientes (13 %) qui présentaient des galactorrhées au moment de l’entretien. Seulement 12 patientes (26 %) sur les 47 avaient signalé ces symptômes à l’équipe médicale alors que parmi les 43 patientes ayant noté la gêne occasionnée par ces effets indésirables, 27 (63 %) estimaient être très gênées. Dans le groupe des 52 patientes ayant eu un dosage de prolactine, 36 (69 %) avaient un taux de prolactine supérieur à la normale avec une augmentation significative d’aménorrhée et de galactorrhée chez ces patientes en HPRL versus celles qui avaient un taux normal (p<0,05). Afin de guider et sensibiliser les professionnels de santé, nous avons réalisé une plaquette indiquant les conditions de dosage de la prolactine, les AP à fort potentiel hyperprolactinémiant, les conséquences cliniques et un algorithme de prise en charge proposant notamment la réduction de la dose d’AP, le changement de molécule vers un AP moins hyperprolactinémiant ou l’ajout d’aripiprazole à 5mg/j.
Discussion/Conclusion |
Ce travail confirme la prévalence importante de l’HPRL induite par les AP et la sous-déclaration des effets indésirables qui y sont associés. La surveillance des taux de prolactine et de l’apparition de symptômes est nécessaire chez les patients traités par AP. Il est également essentiel de continuer à sensibiliser les professionnels de santé mais aussi d’informer les patients, lors d’entretiens pharmaceutiques par exemple, afin qu’ils soient en mesure de réagir efficacement et d’être rapidement pris en charge.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Effets secondaires indésirables des médicaments, Hyperprolactinémie, Psychiatrie
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e149 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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