Chute en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), quel « parachute » ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Les chutes sont une problématique majeure chez la personne âgée à l’origine de perte d’autonomie et de complications pouvant être irréversibles. Elles sont souvent un événement déclencheur d’une entrée en EHPAD.
Objectifs |
L’objectif de cette étude est dans un premier temps de recenser de manière exhaustive tous les facteurs prédisposants et précipitants de chaque chute ainsi que d’identifier les leviers sur lesquels agir et ; dans un second temps, de définir une stratégie d’analyse et de suivi des chutes au long cours dans notre EHPAD de 204 places.
Méthode |
Entre le 27/02/2023 et le 31/03/2023, un recueil prospectif des patients ayant chuté au sein de notre établissement a été effectué. L’ensemble de ses chutes a été analysé de manière pluridisciplinaire (médecin, pharmacien, infirmier diplômé d’État, psychomotricien, ergothérapeute) selon un versant « somatique », « locomoteur », « environnemental » et « iatrogénie », permettant de renseigner 28 items caractérisant la chute. Une revue de prescription (médecin+pharmacien) a également été mise en place pour l’ensemble des patients ayant chuté sur la période d’étude.
Résultats |
Quarante-huit chutes impliquant 32 patients ont été recensées. Tous les patients présentent des troubles cognitifs, 21 (66 %) sont dénutris (mais avec une prescription de compléments nutritionnels) et 21 (66 %) présentent un trouble de la marche. Vingt-sept (85 %) sont déjà suivis par un kinésithérapeute.
Sur le plan environnemental, 65 % des chutes ont eu lieu dans la chambre du patient (le manque d’informations sur la fiche de déclaration n’a pas permis une analyse approfondie).
Enfin sur le volet iatrogène, avec en moyenne 7,8 lignes de traitements par patient, la réévaluation des prescriptions a permis l’arrêt d’au moins une ligne de traitement pour 13 patients. Pour 6 patients, une prescription d’un médicament inapproprié a été retrouvée. Les benzodiazepines et hypnotiques (n=7), les antipsychotiques (n=3) et les médicaments anticholinergiques (n=2) représentent la majorité des traitements modifiés.
Discussion/Conclusion |
Cet état des lieux a permis la mise en place d’actions (atelier chute, évaluation systématique de l’environnement, revues des prescriptions, recherche de facteurs de risques). Un fichier synthétique de suivi des chutes (avec causes et actions à mettre en place) a été réalisé. Des réunions hebdomadaires pluriprofessionnelles permettent l’analyse et le suivi des patients chuteurs. Il serait intéressant d’évaluer l’impact de ces mesures notamment au niveau des patients polychuteurs avec des troubles cognitifs.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Chute, Gériatrie, Prévention
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e152 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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