L’antibiothérapie de nos patients âgés hospitalisés en médecine interne est-elle potentiellement inappropriée ? État des lieux - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
L’antibiorésistance est un problème de santé publique mondial dont l’une des causes est l’utilisation inappropriée des antibiotiques (ATB). Les patients âgés (PA) sont particulièrement exposés aux infections bactériennes et aux prescriptions potentiellement inappropriées (PPI). La crainte d’une évolution défavorable chez cette population fragile conduit à des écarts par rapport aux recommandations. Une étude publiée en 2022 a abouti à l’élaboration de 65 critères (C) explicites de PPI d’ATB chez les PA hospitalisés issus d’un consensus d’experts (gériatres et infectiologues).
Objectifs |
Réaliser un état des lieux sur la prévalence des PPI d’ATB chez les PA hospitalisés d’après une liste de C explicites.
Méthode |
Étude prospective et observationnelle incluant les patients de 75 ans ou plus hospitalisés en médecine interne ayant reçu au moins une antibiothérapie entre le 1er août et le 1er septembre 2023. Analyse des PPI à partir des 65 C explicites issus de l’étude de 2022 intitulée « Définitions explicites de prescriptions potentiellement inappropriées d’antibiotiques chez la personne âgée hospitalisée ». Les paramètres épidémiologiques et biologiques, le site infectieux et les caractéristiques de l’antibiothérapie ont été répertoriés. Les antibiothérapies probabilistes et documentées ont été analysées indépendamment.
Résultats |
Sur la période étudiée, 48 % des PA hospitalisés ont reçu au moins un ATB (n=48/100). L’analyse a porté sur 55 infections et 69 antibiothérapies : 46 probabilistes et 23 documentées. Les infections les plus fréquentes sont respiratoires (n=21/55) et urinaires (n=18/55), et les ATB les plus prescrits sont les céphalosporines (n=32/79) et les pénicillines (n=26/79). Les PPI représentent 59 % des prescriptions d’ATB (n=41/69) et 51 C de PPI ont été identifiés. Seul 12 C explicites différents sur les 65 ont été relevés, les plus fréquents étant la prescription de ceftriaxone plutôt que cefotaxime quand un accès veineux est disponible (n=22/51), de céphalosporine de 3e génération pour une cystite (n=7/51), une durée d’antibiothérapie supérieure à 7 jours (n=6/51) et la combinaison de 2 ATB pour une pneumopathie (n=5/55).
Discussion/Conclusion |
La majorité des prescriptions d’ATB chez le PA hospitalisé sont des PPI d’après les C explicites sélectionnés dans l’étude de 2022. On peut noter que certains C s’appliquent davantage à une prise en charge ambulatoire (ex : prise en charge de PAC non sévère), manquent de précision (ex : durée d’antibiothérapie limitée à 7 jours) ou ne prennent pas en compte la facilité d’utilisation (ex : cefotaxime vs ceftriaxone). Suite à une revue systématique de la littérature, les auteurs de la publication de 2022 ont d’ailleurs publié en 2023 une nouvelle liste de 100 définitions de PPI. Il serait intéressant de tester cette liste de C lors d’une nouvelle étude dans notre service afin de voir si elle est utilisable et adaptée en routine pour diminuer les PPI chez nos PA sous ATB.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Gériatrie, Infectiologie, Liste de médicaments potentiellement inappropriés
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e154-e155 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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