Hyperprolactinémie induite par les antipsychotiques : évaluation des pratiques de prise en charge des patients et proposition d’optimisation dans une dynamique pluriprofessionnelle - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
L’hyperprolactinémie (HPL) est un effet indésirable (EI) connu et fréquent des antipsychotiques (AP), pourtant sous-traité mais à l’origine d’inobservance à court terme et de répercussions cliniques sévères à long terme. Les AP les plus à risque d’HPL sont les AP classiques ainsi que l’amisulpride, la rispéridone et la palipéridone. Diverses propositions de recommandations sont décrites dans la littérature, mais en pratique cela reste complexe vu l’impact sur la stratégie thérapeutique.
Objectifs |
Évaluation des modalités de suivi et de prise en charge (PEC) de l’HPL induite par les AP et proposition d’optimisation thérapeutique.
Méthode |
Réalisation d’une étude rétrospective portant sur les patients hospitalisés dans 4 services de psychiatrie sur le mois de juin 2023. Les données recueillies dans le dossier patient informatisé (DPI) étaient : date et valeur du dernier dosage de prolactine renseigné, AP prescrits, présence de facteurs de risque (FDR) (moins de 25 ans, femme en âge de procréer, risque d’ostéoporose, antécédent de prolactinome, de cancer du sein ou de la prostate), recherche de symptômes, avis endocrinologue demandé. Proposition d’optimisation de PEC des patients à risque ou présentant déjà une HPL et traités par AP très pourvoyeur d’HPL. Élaboration d’un logigramme d’aide à la PEC d’HPL induite par les AP s’appuyant sur les recommandations.
Résultats |
Sur 109 patients inclus, la moitié (n=51) ont bénéficié d’un dosage de prolactine. Une HPL est retrouvée chez 82 % des patients (n=42) avec des valeurs de prolactine comprises entre 25 et 50ng/mL, entre 50 et 150ng/mL et supérieure à 150ng/mL pour respectivement 57 % (n=24), 38 % (n=16) et 5 % (n=2). Parmi eux, six (14 %) ont bénéficié d’une PEC tracée : surveillance clinicobiologique (n=4), diminution de posologie (n=1), switch d’AP (n=1). Sur les 109 patients, la moitié (n=58) présente au moins un FDR : pour 60 % d’entre eux (n=35), un dosage a été réalisé et 80 % (n=28) présentent une HPL. Pour l’optimisation de PEC, 41 patients ont été retenus pour lesquels nous avons formulé des conseils personnalisés : réalisation d’un premier dosage (n=11), ou d’un dosage de suivi (n=15), substitution (n=12), surveillance clinicobiologique (n=3). Une consultation endocrinologue est proposée pour 10 % (n=4) d’entre eux. Les AP les plus prescrits chez les patients à risque sont la cyamémazine (n=20), la rispéridone (n=3) et l’halopéridol (n=9). Une sensibilisation des professionnels de santé a été réalisée par la diffusion d’une fiche réflexe intégrant un logigramme de PEC.
Discussion/Conclusion |
L’HPL induite par les AP est un EI pour lequel la recherche de symptômes, le suivi biologique, les adaptations thérapeutiques et la traçabilité restent à améliorer. Une attention particulière sera proposée en priorité pour les patients présentant des FDR et/ou traités par des AP très pourvoyeur d’HPL. La gestion de l’HPL iatrogène nécessite une PEC pluriprofessionnelle pour détecter, suivre et corriger cet EI.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Maladie iatrogène, Neuroleptique, Prolactine
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e160 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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