Impact des substitutions pharmaceutiques et continuité des traitements : audit des pratiques professionnelles au sein d’un centre hospitalier (CH) - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Lorsqu’un médecin prescrit un médicament « hors livret », une équivalence est proposée par le pharmacien. Ces interventions pharmaceutiques restent souvent sans réponse des soignants, aussi bien infirmiers diplômés d’État (IDE) que médecins. L’équivalence est-elle validée et utilisée ? En pratique, il est difficile de savoir ce qui est administré aux patients. Cette problématique soulève alors la question de la continuité des traitements pour le patient lors de son hospitalisation.
Objectifs |
Évaluer auprès des IDE leurs connaissances en matière de médicaments hors livret et de substitutions pharmaceutiques, analyser ce qui est fait en pratique face à ces situations et, en dégager des axes d’amélioration.
Méthode |
Un « quick audit » des pratiques professionnelles a été mené du 14/09/2023 au 03/10/2023 dans 7 unités de médecine et chirurgie. Une grille à choix multiples à remplir en autonomie à destination des IDE a été élaborée. Elle retranscrit différents exemples de situations pouvant être rencontrées dans leur pratique.
Résultats |
Sur les 25 IDE audités, 44 % ont connaissance du terme « hors livret » et de sa signification et seulement 24% savent où chercher l’information de la disponibilité des traitements au CH. Cent pour cent déclarent que dans le cadre de médicaments non disponibles au CH, il peut y avoir une non prise du traitement sur une courte période. Concernant les médicaments hors livret, trois cas peuvent être rencontrés : premier cas, la prescription d’un médicament hors livret est faite mais aucune substitution pharmaceutique n’est réalisée, 36 % des IDE donnent alors un traitement à partir de leur connaissance, 56 % contactent la pharmacie pour demander une équivalence. Deuxième cas, une substitution directe est réalisée par l’équipe pharmaceutique : 92 % des IDE en tiennent compte au moment de donner les traitements. Enfin dans le troisième cas, une proposition de substitution est faite, sans réponse du prescripteur, 44 % des IDE donnent tout de même le traitement proposé. Par ailleurs, 64 % des IDE demandent une nouvelle prescription lorsqu’un médicament hors livret est prescrit.
Discussion/Conclusion |
Grâce à cet audit, nous avons acté la nécessaire mise en place d’un programme de formation IDE dans les services pour pallier à ces résultats non satisfaisants que nous pressentions. Une réflexion autour de l’élaboration de tableaux d’équivalences validés en collaboration avec les prescripteurs est en cours, notamment pour les classes médicamenteuses les plus concernées par la substitution tels que les antihypertenseurs. Cependant, des limites persistent au sein de notre organisation: un support informatique non optimal et la difficulté à dégager du temps pharmaceutique pour substituer de manière exhaustive et former les IDE. La sensibilisation des prescripteurs est une autre action forte à développer et celle-ci fera suite à un audit que nous mènerons avec eux sur le même principe.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Audit clinique, Continuité des soins, Substitution de médicaments
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e168 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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