Optimisation de l’usage des antibiotiques : quels messages de sensibilisation doit-on cibler ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Afin d’améliorer l’usage des antibiotiques (ATB), une équipe mobile d’infectiologie (EMI) a été mise en place dans notre centre hospitalier en mai 2019. Elle se compose de deux infectiologues et d’un pharmacien. Ils réalisent de manière bihebdomadaire l’analyse des prescriptions ATB en cours dans l’établissement et émettent un avis au prescripteur si une optimisation est souhaitable (dans environ 15 % des prescriptions analysées). Le pharmacien assure également leur formation continue via des newsletters mensuelles sur diverses thématiques relatives aux ATB.
Objectifs |
L’objectif de notre travail a été d’analyser les situations les plus fréquentes pour lesquelles une optimisation de l’ATB a été proposée par l’EMI afin de cibler nos messages de sensibilisation auprès des prescripteurs.
Méthode |
Analyse des données recueillies dans le tableau de suivi des avis de l’EMI de mai 2019 à janvier 2023.
Résultats |
Au total, 725 avis ont été émis. Ils concernent essentiellement des pathologies respiratoires (31 %) et digestives (15 %) en majorité non documentées bactériologiquement (81 %) ; et des pathologies urinaires (30 %) pour la plupart documentée (80 %). Parmi ces 553 avis, les motifs d’optimisation thérapeutique les plus retrouvés sont : arrêt de l’ATB (20 %) ; diminution de la durée de l’ATB (14 %) ; changement de classe ATB (14%) ; désescalade ATB (12 %) ; à savoir que l’épargne des fluoroquinolones (FQ) représente 9 % de ces avis. Quel que soit le motif nécessitant un changement d’ATB, les 3 catégories de molécules ciblées par nos avis sont : Céphalosporines de 3e génération injectables (C3Gi), amoxicilline/acide clavulanique (AMC), FQ. Au final, les situations les plus fréquentes pour lesquelles une optimisation a été proposée sont la diminution de la durée de l’ATB pour une pathologie respiratoire (n=53), une désescalade ATB pour une infection urinaire (n=48), notamment à partir de C3Gi ou d’AMC, et l’arrêt d’un traitement non pertinent pour une pathologie respiratoire (n=38), notamment l’arrêt d’un macrolide (26 %).
Discussion/Conclusion |
Ces résultats mettent en évidence des problématiques récurrentes : prolongation évitable d’un ATB pertinent ; difficultés à la déprescription en l’absence d’arguments clinicobiologiques ; difficultés à la sélection d’un ATB de spectre ciblé même en présence d’une documentation ; prescriptions inappropriées de molécules à forte pression de sélection (AMC, C3Gi, FQ). L’ensemble des acteurs impliqués dans la bonne prescription des antibiotiques doivent rester vigilants face à ces situations particulièrement à risque de mésusages. Il convient de poursuivre la sensibilisation de nos prescripteurs et pharmaciens sur les problématiques identifiées : recommandations sur les durées de traitement ; situations de non-indication ; aide à la lecture des antibiogrammes ; épargne des FQ et risque de sélection. En ce sens, nos prochaines newsletters et autres actions de formation cibleront ces messages.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Bon usage des antibiotiques, Équipe interdisciplinaire, Formation continue
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e170 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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