Utilisation des alpha-1 bloquants dans le cadre de la reprise mictionnelle post-sondage : l’heure est à l’état des lieux dans notre établissement ! - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
L’Association française d’urologie ainsi que diverses revues systématiques de la littérature recommandent, chez les patients ayant présentés une rétention aiguë d’urine, l’utilisation d’une monothérapie courte par alpha-bloquants (=AB) pendant 48h à 72h avant tentative de désondage. Le but est d’améliorer les chances de succès d’une reprise de miction de bonne qualité et favoriser le sevrage de la sonde vésicale.
Objectifs |
Faire un état des lieux sur les prescriptions d’AB dans le cadre de la reprise mictionnelle post-sondage (=RMPS) dans notre établissement et évaluer leurs conformités face aux recommandations.
Méthode |
Extraction et analyse, à partir de notre dossier patient informatisé, des prescriptions d’AB référencés au livret thérapeutique de notre établissement (alfuzosine, tamsulosine, silodosine) sur une période de 2 mois (mai et juin 2023). Plusieurs paramètres ont été relevés : le délai d’imprégnation aux AB avant épreuve de désondage, la durée totale de traitement, la présence de l’AB sur le compte rendu d’hospitalisation (=CRH) ainsi que la conformité globale de la prescription face aux recommandations.
Résultats |
Sur 180 prescriptions d’AB analysées, 50 d’entre elles (soit 27,8 %) ont été faites dans le cadre de la RMPS. Les 130 autres prescriptions sont des reprises de traitement habituel. Sur ces 50 patients, le sexe ratio est de 2H:1F et la moyenne d’âge est de 75,4 ans.
Le délai d’imprégnation aux AB avant tentative de désondage est conforme aux recommandations dans 51,2 % des cas (48h pour 32,6 % des prescriptions et 72h pour 18,6 % entres elles). Parmi les prescriptions non conformes, dans 23,3 % des cas le délai d’imprégnation était de 24h. À l’inverse, dans 25,6 % des cas, il était supérieur à 72h. La raison est la prescription de l’AB au même moment que la pose de la sonde vésicale sans vision sur la date de retrait.
La durée totale de traitement par AB est conforme aux recommandations dans 27,9 % des cas (48h pour 16,3 % des prescriptions, et 72h pour 11,6 % entres elles). Dans 9,3 % des cas, elle était de 24h. Dans 34,9 % des cas, la prescription d’AB a duré plus de 72h, la cause est souvent l’oubli de l’arrêt de la prescription après le désondage entraînant la poursuite de l’AB pendant toute la durée de l’hospitalisation.
Enfin, dans 27,9 % des cas l’AB a été retrouvé sur le CRH du patient sans l’avis d’un urologue entraînant la poursuite du médicament après l’hospitalisation.
Au total, seul 25,0 % des prescriptions sont conformes aux recommandations (délai d’imprégnation aux AB et durée totale de traitement respectés).
Discussion/Conclusion |
Dans un but d’améliorer la pertinence de la prise en charge médicamenteuse des patients à l’hôpital, ces résultats ont été présentés en COMEDIMS ainsi qu’aux urologues de notre établissement. Dans cette perspective, et suite à une collaboration interprofessionnelle, une fiche de bon usage sera réalisée et diffusée dans tous les services afin de guider et sensibiliser les prescripteurs de notre établissement.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Alpha-bloquants, Bon usage, Prise en charge médicamenteuse
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e171 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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