Contrôle glucido-lipidique chez des patients diabétiques au moment de leur infarctus du myocarde - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Le diabète représente un enjeu majeur de santé publique avec un risque cardiovasculaire (CV) augmenté. Le contrôle de l’ensemble des facteurs de risque CV pourrait diminuer le risque de survenue d’évènements CV.
Objectifs |
L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’équilibre glucido-lipidique de patients diabétiques au moment de leur infarctus du myocarde (IDM). Les objectifs secondaires étaient d’évaluer les pourcentages de traitements antidiabétique et hypolipémiant insuffisants et inappropriés.
Méthode |
Il s’agissait d’une étude rétrospective dans laquelle ont été inclus consécutivement tous les diabétiques de type 2 admis pour un IDM dans notre unité de soins intensifs de cardiologie entre le 1er mars et le 31 décembre 2021. Le contrôle glucidique et lipidique était défini par une valeur d’hémoglobine glyquée (HbA1c) et de cholestérol à lipoprotéines de basse densité (LDL-c) inférieure à la cible individualisée, respectivement. Une conciliation médicamenteuse d’entrée et une analyse pharmaceutique étaient réalisées. Les traitements étaient considérés insuffisants s’ils comportaient 0, 1 ou 2 antidiabétiques et 0 ou 1 hypolipémiant (nombre inférieur aux recommandations). Les traitements étaient considérés comme non optimaux s’ils comportaient des molécules contre-indiquées, sur- ou sous-dosées, non recommandées, ou en l’absence de classe thérapeutique recommandée.
Résultats |
Nous avons inclus 112 patients dans cette étude avec une moyenne d’âge de 72 ans et 67 % d’hommes. Plus de la moitié (53 %) présentait une maladie CV athérosclérotique. La plupart des patients avaient une cible individualisée d’HbA1c et de LDL-c à 7,0 % (67 %) et 0,55g/L (96 %), respectivement.
Les taux de patients non contrôlés pour l’HbA1c, le LDL-c ou les deux étaient de 46 %, 90 % et 42 %, respectivement.
Parmi les patients non contrôlés, leurs traitements antidiabétique et hypolipémiant auraient pu être intensifiés (traitements insuffisants) dans 63 % et 87 % des cas, respectivement. Chez les patients non contrôlés pour l’HbA1c, 2 % n’avaient pas d’antidiabétique, 35 % et 26 % avaient une mono- et bi-thérapie, respectivement. Chez les patients non contrôlés pour le LDL-c, 37 % n’avaient pas d’hypolipémiant et 50 % avaient une monothérapie.
Parmi l’ensemble des patients, les taux de traitements antidiabétique et hypolipémiant non optimaux étaient de 73 % et 91 %, respectivement. Les agonistes du récepteur du Glucagon-like peptide-1 et les inhibiteurs du co-transporteur sodium-glucose de type 2 étaient très peu prescrits.
Discussion/Conclusion |
Cette étude souligne un contrôle glucido-lipidique insuffisant chez des patients à haut-risque CV. Il est urgent de développer et d’améliorer des approches multidisciplinaires, dans lesquelles le pharmacien a parfaitement sa place, pour optimiser le contrôle des facteurs de risque CV afin de réduire les taux d’IDM et d’accidents vasculaires cérébraux.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Diabète, Facteurs de risque, Infarctus du myocarde
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e172 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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