Notification et analyse des effets indésirables médicamenteux dans un institut spécialisé en neurologie - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Les programmes de surveillance et de déclaration des effets indésirables liés aux médicaments (EIM) en milieu hospitalier ont pour objectif d’identifier et de quantifier les risques associés à l’utilisation de médicaments chez les patients.
Objectifs |
Cette étude avait pour objectif d’analyser les déclarations d’EIM recueillis au sein d’un établissement de neurologie et de chercher les facteurs associés à la causalité, sévérité et l’évitabilité des évènements déclarés.
Méthode |
Étude prospective descriptive et observationnelle menée de septembre 2022 à février 2023 réalisée dans un institut spécialisé en neurologie. La classification des types EIM était effectuée selon l’échelle modifiée de Rawlings et Thompson, la sévérité selon l’échelle modifiée de Hartwig et Siegel, la causalité selon le système d’évaluation de l’OMS et l’évitabilité était analysée selon les critères de Schumock et Thornton. L’analyse statistique a été effectuée à l’aide du logiciel SPSS version 25.
Résultats |
Un total de 67 effets indésirables médicamenteux ont été spontanément rapportés soit une incidence d’EIM de 2 %. L’âge moyen des patients était de 43±20 ans. Le service de neurologie était le service le plus impliqué dans les déclarations (41 % des EIM). Seulement 25 % des effets étaient notifiés au centre national de pharmacovigilance, avec une réponse obtenue dans 82 % des cas. Concernant ces EIM les anti-infectieux étaient incriminés dans 60,8 % des cas. La majorité des effets (48,2 %) étaient des affections dermatologiques. Selon l’échelle de Rawlings et Thompson, tous les EIM étaient classés de type B. Concernant la sévérité, 60 % des effets étaient moyennement sévères conduisant soit à une suspension de l’administration du médicament (10 %) soit à un arrêt définitif de ce dernier (50 %). La causalité des EIM était probable dans 61,2 % des cas. Enfin, 61,2 % des EIM déclarés étaient définitivement évitables. L’âge des patients ainsi que le degré de polymédication étaient statistiquement liés à la sévérité des EIM (p<0,05). Parallèlement, seulement l’âge des patients et le service d’hospitalisation semblaient avoir une relation statiquement significative avec l’évitabilité des évènements indésirables. Aucune relation statistiquement significative n’a été observée entre les caractéristiques des patients et la causalité des effets iatrogènes rencontrés.
Discussion/Conclusion |
Au cours de notre étude, nous avons décelé une sous-notification des EIM. Il a été démontré que l’évaluation de la sévérité, de la causalité et l’évitabilité des effets indésirables médicamenteux permet une meilleure prise en charge des patients. Des mesures préventives pour garantir la sécurité des patients sont nécessaires telle qu’une sensibilisation du personnel à la culture de gestion de risque pour améliorer la déclaration des EIM.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Effets secondaires indésirables, Médicament, Pharmacovigilance
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e173-e174 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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