Hôpital de jour gériatrique : les propositions d’optimisations thérapeutiques sont-elles poursuivies en ville ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La poly médication pouvant contribuer à la fragilité chez le sujet âgé, la réévaluation des prescriptions médicamenteuses en hôpital de jour gériatrique (HDJG) semble particulièrement intéressante. Au sein d’un centre hospitalier périphérique, la réalisation d’entretiens pharmaceutiques et de conciliations médicamenteuses de sortie par un pharmacien clinicien en HDJG a donc été mise en place depuis le début de l’année 2022.
Objectifs |
L’objectif est de réaliser un bilan de l’activité pharmaceutique en HDJG et d’évaluer le suivi, par les professionnels de ville, des optimisations thérapeutiques proposées.
Méthode |
Le bilan s’est effectué de manière rétrospective de janvier à décembre 2022. Les ordonnances à 3 mois de l’HDJG des patients conciliés ont été recueillies grâce à leurs pharmacies d’officine. Les optimisations thérapeutiques proposées ont été décrites comme poursuivies ou non poursuivies.
Résultats |
En 2022, 80 patients (soit 40,4 % des patients hospitalisés en HDJG) ont bénéficié de l’intervention du pharmacien. Au total, 201 interventions médico-pharmaceutiques (IMP) ont été réalisées chez 71 des 80 patients vus par le pharmacien, dont 180 modifications thérapeutiques et 21 recommandations au médecin traitant. Les IMP les plus fréquentes étaient des ajouts de traitement (33,3 % ; 67/201) puis des adaptations de posologies (26,3 % ; 53/201) et des arrêts de médicaments (25,3 % ; 51/201).
Les IMP portaient sur des médicaments du système digestif (38,9 % ; 79/201) avec notamment l’ajout de vitamine D, mais aussi sur les médicaments du système nerveux central (31,0 % ; 63/201) avec l’arrêt ou la substitution de benzodiazépines. Quarante-sept IMP étaient en lien avec un médicament potentiellement inapproprié (MPI).
Concernant le suivi, 6 patients sont décédés et 2 ont été perdus de vue dans les 3 mois après l’HDJG, ce qui représente 25 des IMP effectuées. Parmi les 176 IMP ayant pu faire l’objet d’un suivi, 61,9 % ont été poursuivies en ville. Les ajouts de traitements ont moins été poursuivis (43 % ; 29/67) que les arrêts (67,9 % ; 36/53) ou les adaptations de posologie (54,7 % ; 29/53). À 3 mois après l’HDJG, 68 % de nos modifications concernant les MPI étaient maintenues par les généralistes et une diminution significative du nombre de MPI par patient a été mesurée.
Discussion/Conclusion |
Ce travail met en évidence l’intérêt d’une approche pluridisciplinaire en HDJG, laquelle permet l’élaboration de nombreuses optimisations thérapeutiques par le binôme gériatre pharmacien. Il démontre une réévaluation importante des prescriptions médicamenteuses, avec des propositions d’adaptations de traitements majoritairement acceptées par le médecin traitant. L’ajout de médicaments, comme la vitamine D, nécessaire à la bonne prise en charge du sujet âgé n’a été que pris en compte par les généralistes. Le développement du lien ville-hôpital apparaît indispensable pour optimiser la prise en charge médicamenteuse du sujet âgé.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Personne âgée fragile, Revue des pratiques de prescription des médicaments, Soins de jour
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e173 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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