Déploiement d’une équipe mobile d’infectiologie au sein d’un établissement de santé : quel impact pour l’amélioration des prescriptions d’anti-infectieux des patients ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La prévention des infections et de l’antibiorésistance est un enjeu majeur de la politique du bon usage des anti-infectieux (AI). Des audits annuels de bonnes pratiques réalisés précédemment ont montré un manque de pertinence des prescriptions d’AI. Ce résultat a motivé la création d’une équipe mobile d’infectiologie (EMI) pluridisciplinaire.
Objectifs |
L’objectif principal de ce travail était d’évaluer le déploiement de l’EMI et son apport dans l’optimisation de la prise en charge anti-infectieuse des patients. Les objectifs secondaires étaient l’évaluation de l’acceptabilité des avis donnés et de l’évolution des consommations/dépenses en AI.
Méthode |
Une étude monocentrique prospective a été menée durant 6 mois dans 3 services ciblés (chirurgie viscérale, urologie et réanimation chirurgicale). Le déploiement de l’EMI s’est traduit par la mise en place de staffs d’infectiologie et l’analyse pharmaceutique dans ces services. Les critères d’évaluation étaient : (1) la pertinence des prescriptions d’AI grâce au score de Gyssens ; (2) l’acceptabilité des interventions de l’EMI d’après les historiques de prescriptions ; (3) la comparaison des consommations et dépenses en AI entre les premiers semestres de 2022 et de 2023.
Résultats |
Cent soixante-quatre dossiers ont été présentés lors des staffs en chirurgie viscérale et 56 % des prescriptions étaient non conformes. En urologie, parmi les 71 dossiers présentés, 54 % des prescriptions manquaient de pertinence. Pour le service de réanimation, sur les 54 dossiers présentés, le taux de prescriptions non conformes était plus faible (27 %). Le taux d’acceptabilité des avis donnés par l’EMI en chirurgie viscérale et urologique était très satisfaisant avec plus de 85 % d’avis acceptés. Ce taux n’a pas pu être évalué en réanimation chirurgicale.
Durant la période interventionnelle, une centaine d’interventions pharmaceutiques (IP) ont été tracées, dont 25 % concernait un AI. Néanmoins, il est important de souligner que ce chiffre est sous-estimé en raison d’une traçabilité non systématique des IP, plus souvent réalisées lors des staffs ou par échanges directs avec les prescripteurs. La comparaison des dépenses globales de janvier à juin 2022 et 2023 n’a pas mis en évidence d’économie financière. Cependant, la consommation des AI à large spectre a diminué de façon notable (−55 % et −32 % de pipéracilline/tazobactam respectivement en chirurgie viscérale et en urologie) au profit des AI de spectre plus étroit (i.e., amoxicilline/acide clavulanique) dont les consommations ont augmenté dans les 3 services.
Discussion/Conclusion |
La mise en place des staffs d’infectiologie a permis une amélioration de la pertinence des prescriptions d’AI et s’est accompagnée d’une diminution des consommations des AI large spectre dans les services cibles. La bonne acceptabilité des interventions de l’EMI est encourageante pour la poursuite de son déploiement dans d’autres services.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Anti-infectieux, Équipe interdisciplinaire, Pharmacie clinique
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e178-e179 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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