Enquête nationale de prévalence 2022 : bon usage des antibiotiques chez le sujet âgé présentant une infection urinaire - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Le bon usage (BU) des antibiotiques est un enjeu majeur pour la prise en charge efficiente des patients et pour limiter le risque de résistance bactérienne. L’enquête nationale de prévalence 2022 qui permet le recensement des patients hospitalisés traités par antibiothérapie un jour donné, constitue une base de travail permettant des évaluations de BU.
Objectifs |
Évaluer le BU des antibiotiques chez le sujet âgé≥75 ans présentant une infection urinaire (IU) et analyser les pratiques au regard de la liste des prescriptions potentiellement inappropriées d’antibiotiques (PPIA) chez le sujet âgé selon Baclet et al. (2022).
Méthode |
Nous avons analysé les données recueillies lors de l’enquête nationale de prévalence réalisée le 21 juin 2022. Les patients âgés de 75 ans ou plus et présentant une IU basse, pyélonéphrite ou prostatite ont été inclus. Les paramètres étudiés étaient : la molécule, la posologie, la durée de traitement, le type d’infection, les résultats microbiologiques, le débit de filtration glomérulaire (DFG) et les modalités d’administration. Chaque dossier a fait l’objet d’une analyse conjointe pharmacien/gériatre. Nos données ont été confrontées aux recommandations de la Société de pathologies infectieuses de langue française (avec la ceftriaxone sous-cutanée (SC) considérée comme conforme) et à la liste des PPIA pour le BU.
Résultats |
Treize hommes et 13 femmes ont été inclus, dont 6 avec une cystite et 7 avec une pyélonéphrite. L’âge moyen était de 85,7 ans (σ=6,37). Les antibiotiques prescrits étaient : nitrofurantoïne (1 prescription), ertapénème (1), céfixime (1), ciprofloxacine (1), pipéracilline (1), pipéracilline-tazobactam (1), ofloxacine (3), amoxicilline (4), cotrimoxazole (4) et ceftriaxone (9). Concernant les modalités d’administration, 14 patients bénéficiaient d’un traitement per os (PO), 8 en intraveineux (IV) et 4 en SC. Après analyse, 20 prescriptions (77 %) étaient conformes. Les non-conformités concernaient : le choix de l’antibiotique (3), la posologie (2 adaptations à la fonction rénale inadaptées) et la durée du traitement (1). Après confrontation à la liste des PPIA, 1 seul critère de PPIA était retrouvé chez 3 patientes : « prescrire une C3G dans une cystite ».
Discussion/Conclusion |
Les recommandations de traitement des IU chez les sujets âgés sont majoritairement appliquées. Un contexte de fin de vie, des infections multiples, une voie d’abord difficile et la difficulté de prélèvement pour obtenir un ECBU interprétable sont autant de facteurs qui complexifient le traitement des IU chez ces patients et peuvent être source de non-conformité. L’utilisation de formule autre que CKD-EPI corrigée dans l’altération de la fonction rénale peut conduire à des sous-dosages. L’optimisation des traitements des infections chez les patients âgés requiert une approche multidisciplinaire. Il est prévu d’utiliser cette enquête pour étudier désormais les PPIA au sein de notre hôpital, toutes infections confondues.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Enquêtes sur les soins de santé, Infectiologie, Prescription inappropriée
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e179-e180 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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