Pertinence de prescription des fluoroquinolones en milieu hospitalier : les facteurs de risques sont-ils pris en compte ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Les fluoroquinolones (FQ) ont fait l’objet de restrictions d’utilisation en 2018 à la suite d’une réévaluation de leur rapport bénéfice/risque par l’European Medicines Agency. Un rappel de ces restrictions a été diffusé par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en 2023.
Objectifs |
L’objectif de ce travail est d’évaluer la pertinence des prescriptions de fluoroquinolones et de déterminer si les facteurs de risques (FDR) de toxicité sont pris en compte dans le choix de l’antibiothérapie.
Méthode |
Une enquête observationnelle multicentrique un jour donné des prescriptions de FQ a été menée en juillet 2023 sur 6 établissements de médecine-chirurgie-obstétrique. Pour chaque patient hospitalisé recevant une FQ les données suivantes ont été recueillies : caractéristiques du patient, molécule prescrite (posologie, durée, voie d’administration), l’indication et la documentation bactériologique. Les facteurs de risques de toxicité sont définis par la présence de comorbidités cardiovasculaires ou neuropsychiatriques, ou de tendinopathie. La pertinence a été jugée sur plusieurs critères (indication, posologie, durée, association) par l’infectiologue référent de chaque hôpital.
Résultats |
L’enquête a recensé 58 patients traités par FQ pour des infections ostéo-articulaires (34 %), urinaires (19 %) et pulmonaires (17 %, dont 2 légionelloses et une tuberculose pulmonaire). Les FQ étaient prescrites pour 49 infections documentées, en probabiliste initial pour 5 cas, en probabiliste orienté pour 3 cas et une fois en prophylaxie. La moyenne d’âge était de 65,4 ans (écart-type 17). Au moins un FDR était retrouvé dans 2/3 des cas (38/58) bien que les prescriptions de FQ satisfaisaient tous les critères de pertinence dans 62 % des cas (36/58). Parmi les 25 prescriptions pertinentes chez des patients avec FDR une alternative antibiotique était possible dans 56 % (14/25) des cas. À l’opposé, seules 3 prescriptions étaient jugées comme totalement non pertinentes. Au total, la prescription de FQ en milieu hospitalier était appropriée dans 1 cas sur 2 sans autre alternative. Pour l’autre moitié des prescriptions, l’utilisation des FQ auraient pu être évitée chez les patients avec FDR car des alternatives existaient.
Discussion/Conclusion |
En définitive, les prescriptions de FQ en milieu hospitalier sont majoritairement pertinentes. Cependant les facteurs de risques de toxicité sont insuffisamment pris en compte par les prescripteurs au moment de la décision thérapeutique. Au vu de la place essentielle des FQ dans la prise en charge des infections complexes, un rappel des règles de prescription a été fait aux prescripteurs via la Commission des anti-infectieux (COMAI). Les pharmaciens cliniciens, en analysant les co-médications et les comorbidités des patients pourraient aider à améliorer le bon usage des FQ. Implémenter des programmes de veille pharmaceutique sur les antibiotiques à risque est une piste d’amélioration de la prescription des FQ.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Antibiotiques, Fluoroquinolones, Revue des pratiques de prescription des médicaments
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e185-e186 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
