Quelle place pour la supplémentation en antithrombine chez les patients héparino-résistants en réanimation ? Enquête des pratiques - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Les héparines constituent aujourd’hui les principaux anticoagulants injectables utilisés à l’hôpital. La résistance à l’héparine est une problématique qui a toujours existé en réanimation et qui est à présent de plus en plus recherchée et potentiellement traitée par les réanimateurs. Celle-ci concerne en priorité les héparines non fractionnées (HNF) car elles nécessitent un suivi biologique et un ajustement de dose contrairement aux héparines de bas poids moléculaire. À ce jour, il n’existe ni définition consensuelle de la résistance à l’héparine ni recommandations officielles sur sa prise en charge en France comme à l’international. Devant une littérature pauvre sur le sujet et une hétérogénéité des pratiques au sein de notre centre, un travail a été initié sur la résistance à l’héparine au travers du prisme de la supplémentation médicamenteuse en antithrombine (AT).
Objectifs |
L’objectif de ce travail est de mettre en évidence l’hétérogénéité des pratiques en France concernant cette supplémentation.
Méthode |
Dans un premier temps, une revue narrative de la littérature scientifique couplée à une analyse rétrospective interne des patients de réanimation au sein de notre établissement nous ont permis de construire une enquête des pratiques se voulant le plus près de la pratique et des questionnements des cliniciens. À partir de la version papier testée au sein du service de réanimation, nous avons créé un questionnaire en ligne contenant un total de 25 questions. L’enquête a ensuite été diffusée aux médecins réanimateurs français via plusieurs réseaux de médecins réanimateurs et à un maximum d’adresses mails nominatives.
Résultats |
Nous avons reçu un total de 67 réponses complètes à notre enquête. Les principaux résultats sont les suivants. La totalité des médecins interrogés rapportent utiliser l’anti-Xa en pratique pour suivre l’héparinémie. Concernant la posologie seuil en HNF, c’est-à-dire, la posologie au-delà de laquelle un patient avec une héparinémie sous le seuil thérapeutique est considéré « héparino-résistant », nous retrouvons une posologie moyenne de 585±157UI/kg/jour. Concernant le seuil de supplémentation en AT, sur un total de 52 réponses reçues à la question, nous retrouvons un taux moyen d’AT de 57,1±11,5 %. Enfin, nous retrouvons une posologie moyenne de supplémentation en AT de 50±15UI/kg avec une médiane à 50UI/kg, un minimum à 10UI/kg et un maximum à 100UI/kg.
Discussion/Conclusion |
Les résultats de l’enquête confirment l’hétérogénéité des pratiques en France avec toutefois une tendance qui semble se dégager au regard des pratiques exposées par les cliniciens interrogés. Ce travail constituera la base initiale pour la dernière partie de ce projet qu’est la proposition de recommandations d’experts, identifiés grâce à ce travail, via la méthode Delphi. Le positionnement des experts viendra valider ou non la stratégie principale décrite par les cliniciens.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Déficit en antithrombine III, Héparine, Réanimation
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e192-e193 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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