Antibioprophylaxie en chirurgie maxillo-faciale : évaluer pour évoluer ! - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
L’antibioprophylaxie (ABP) est un pilier de la lutte contre les infections des sites opératoires. Des pratiques conformes aux directives des sociétés savantes sont cruciales pour assurer des soins optimaux aux patients opérés et pour contrer l’émergence de résistances, défi majeur du 21e siècle.
Objectifs |
L’objectif de ce travail est d’évaluer la conformité des pratiques de l’équipe de chirurgie maxillo-faciale (CMF) et d’anesthésie par rapport aux référentiels dans un but d’amélioration de la qualité des pratiques professionnelles.
Méthode |
La méthode utilisée est celle de l’approche par comparaison à un référentiel de façon multidisciplinaire et pluriprofessionnelle. Une première étape d’étude organisationnelle a été réalisée avec les prescripteurs (anesthésistes et chirurgiens) afin de vérifier l’existence de protocoles internes élaborés en lien avec les recommandations des sociétés savantes, leur validation par les instances compétentes et leur accessibilité. Ensuite, une étude rétrospective a été réalisée à partir des dossiers de patients majeurs, bénéficiant d’une intervention programmée en CMF sur la période du 01/03 au 20/03/23.
Résultats |
Malgré des documents internes mis à jour régulièrement et accessibles, l’audit clinique révèle de nombreux écarts aux recommandations. Au total, 22 dossiers ont été analysés et 2 exclus car les patients étaient mineurs. La population étudiée se caractérise par un sex-ratio de 1 et un âge moyen de 41 ans (±20) dont 86 % ont reçu au moins une dose d’ABP durant leur hospitalisation. Contrairement aux recommandations :
– dans 53 % des cas, le délai entre l’administration de la première dose et l’incision était inférieur à 30minutes ;
– 45,4 % des patients ont reçu 7jours d’ABP en postopératoire de façon injustifiée alors que les recommandations déconseillent les prescriptions de plus de 48heures.
Parmi ces prescriptions injustifiées, 80 % concernaient l’association amoxicilline/acide clavulanique dont l’administration devrait normalement être limitée pour réserver son utilisation en curatif. Toutefois, des points positifs ont également pu être observés comme l’anticipation des prescriptions en consultation préanesthésique et l’adaptation des doses chez les patients avec un IMC>35kg/m2.
Discussion/Conclusion |
Pour conclure, ce travail revêt une importance cruciale pour plusieurs raisons. D’abord, il a permis d’identifier les écarts entre pratiques actuelles et recommandations récentes, révélant des opportunités d’amélioration. En prenant en compte ces disparités, des outils ciblés et adaptés vont pouvoir être créés en interprofessionnalité. Cette démarche proactive permet un environnement propice à l’apprentissage continu et à l’acquisition de nouvelles connaissances. En fin de compte, cette évaluation contribue à l’évolution des pratiques vers des soins de qualité et un renforcement de la sécurité des patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Antibioprophylaxie, Chirurgie, Évaluation des pratiques médicales par des pairs
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e194-e195 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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