Audit des prescriptions d’inhibiteurs de la pompe à proton : quels leviers à la déprescription ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La toxicité au long court des inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) associée à un mésusage national important ont contraint la Haute Autorité de santé (HAS) à émettre des recommandations de déprescription. Dans notre établissement, le taux de prescriptions non justifiées d’IPP a été choisi comme un des indicateurs de pertinence de la qualité et sécurité des soins en vue de diminuer le taux de prescriptions hospitalières d’IPP exécutées en ville (PHEV).
Objectifs |
L’objectif de notre étude est d’identifier les possibilités de déprescription des IPP au sein de notre établissement.
Méthode |
Une analyse rétrospective des nouvelles prescriptions informatisées d’IPP per os a été réalisée sur une semaine. Les critères recherchés étaient : initiation ou poursuite d’un traitement ambulatoire, indication, antécédents digestifs, co-prescription avec un anti-inflammatoire non stéroïdiens (AINS), un corticoïde, un antiagrégant plaquettaire (AAP) et/ou un anticoagulant (AC), prescription sur l’ordonnance de sortie, éligibilité à la déprescription selon les recommandations HAS.
Résultats |
Du 29/05/2023 au 02/06/2023, 133 prescriptions ont été analysées. L’âge moyen des patients était de 69 ans. Les services les plus prescripteurs étaient la chirurgie orthopédique (21 %), la cardiologie (17 %), la pneumologie (10 %) et la gastro-entérologie (8 %). La moitié des prescriptions étaient des poursuites de traitement (52 %). Concernant l’indication, 10 % des prescriptions n’avaient pas d’indication connue ou justifiée, ni d’antécédent digestif. En co-prescription avec les AINS, 5 % étaient non conformes. Enfin, 40 % des prescriptions d’IPP étaient associées à un ou 2 AAP et/ou AC mais sans autre facteur de risque (absence d’AINS, pas d’indication ni antécédent digestifs). Concernant les PHEV, 83 % des prescriptions étaient retrouvées sur l’ordonnance de sortie dont 17 % avaient une durée de traitement≤1 mois. Au total, 41 % (n=54) des patients auraient pu bénéficier d’une déprescription ou non prescription.
Discussion/Conclusion |
Notre analyse concorde avec les données HAS mentionnant que 50 % des prescriptions d’IPP en France ne sont pas justifiées. Ce pourcentage pourrait être revu à la baisse en fonction des recommandations de 2023 de l’European Society of Cardiology qui préconise l’association d’un IPP à un médicament antithrombotique en fonction de facteurs de risque autres que ceux de l’HAS. De même, la mise en place d’actions spécifiques permettrait la diminution de ce taux. Celles d’ores et déjà identifiées sont : (1) réévaluer les protocoles contenant un IPP paramétrés dans notre logiciel d’aide à la prescription ; (2) inciter les prescripteurs à déprescrire les IPP selon le logigramme de l’HAS ; (3) évaluer la pertinence de la mise en place d’un protocole d’adaptation et renouvellement des prescriptions par le pharmacien répondant à l’arrêté du 21 février 2023. L’ensemble de ces actions sera entrepris dans le cadre d’une démarche pluridisciplinaire.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Déprescriptions, Guide de bonnes pratiques, Inhibiteurs de la pompe à protons
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e195 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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