Déprescription des inhibiteurs de la pompe à protons chez les patients sous anticancéreux oraux au sein d’un centre de lutte contre le cancer, objectif CAQES 2022–2024 - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), médicaments très largement utilisés, sont impliqués dans de nombreuses interactions médicamenteuses (IM) en particulier avec les thérapies orales (TO).
Objectifs |
Dans le cadre de la mise en place du Contrat d’amélioration de la qualité et de l’efficience des soins (CAQES) 2022–2024, il semblait nécessaire d’endiguer le mésusage des IPP en incitant à la déprescription afin d’optimiser la prise en charge des patients sous TO.
Méthode |
Lors de l’initiation d’une TO, les patients bénéficiant d’une consultation pharmaceutique ont été inclus dès lors qu’ils prenaient un IPP. Lors de la consultation pharmaceutique, une fiche patient proposée par l’OMEDIT Centre était remplie puis remise au patient, l’incitant à la réévaluation de l’IPP avec leur médecin prescripteur. Une analyse d’interaction a ensuite été effectuée et un mail contenant un algorithme de déprescription et une fiche de bon usage des IPP proposés par l’OMEDIT PACA Corse a été adressé à l’oncologue et au médecin traitant. Un suivi téléphonique a ensuite été effectué 1 mois (M+1) puis 2 mois (M+2) après la primo prescription de la TO. Les informations ont été consignées dans un tableur Excel puis analysées.
Résultats |
Entre le 01/12/2022 et le 31/03/2023, 71 patients (33 % des patients vus lors des entretiens pharmaceutiques) prenaient un IPP. Les prises d’IPP constituaient un mésusage pour 58 d’entre eux (82 %). Soixante-six patients (93 %) prenaient un IPP sur prescription depuis plusieurs mois, voire plusieurs années. Pour 14 patients (20 %), il a été mis en évidence une IM entre l’IPP et la TO (principalement du fait des propriétés de solubilité pH-dépendante des TO). Après avoir effectué les appels M+1 et M+2, 28 patients (39 %) ont arrêté leur IPP, majoritairement de leur propre initiative (64,3 % des arrêts), 14,3 % par le médecin traitant, 21,4 % par l’oncologue. Au total, 24 patients (34 %) sont toujours sous IPP, 19 patients (27 %) perdus de vue.
Discussion/Conclusion |
Cette étude a permis, d’une part, la mise en évidence d’un mésusage conséquent et d’une méconnaissance des IPP au sein de notre population de patients, et, d’autre part, la déprescription des IPP hors AMM pour 39 % des patients. De plus, une proportion plus importante de patients a arrêté l’IPP lors de l’appel à M+2 en comparaison avec l’appel à M+1 (28 % contre 23 %) car lors de l’initiation de la TO, beaucoup d’informations sont données aux patients et celles qui concernent les IPP sont souvent délaissées au profit de la TO. Le pharmacien hospitalier est donc un interlocuteur privilégié pour informer, suivre et endiguer le mésusage des IPP chez les patients sous TO.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Cancer, Inhibiteurs de la pompe à protons, Mésusage de médicament
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e196-e197 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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