La vraie vie des benzodiazépines dans un service de court séjour gériatrique - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Les benzodiazépines et dérivés (BZD) sont prescrits à visée anxiolytique et hypnotique. Bien qu’il soit recommandé de prendre ces médicaments sur une courte durée, les prescriptions sont souvent reconduites et peu réévaluées. Au long cours, les BZD provoquent une dépendance et des effets indésirables (EI) : somnolence, confusion, chute. Chez les sujets âgés, souvent polypathologiques et polymédiqués, ces EI sont majorés. Une réévaluation du traitement est nécessaire pour éviter ces EI.
Objectifs |
Évaluer les pratiques de prescriptions de BZD dans le service de court séjour gériatrique (CSG).
Méthode |
Il s’agit d’une étude prospective, observationnelle, monocentrique de 4 mois. Une extraction des prescriptions du CSG contenant au moins une BZD est réalisée. Une étude des dossiers patients informatisés a permis de relever : les motifs d’hospitalisation, les BZD instaurées à domicile et leurs posologies. Une comparaison à la des prescriptions du domicile et dans le service a été réalisée afin d’évaluer les pratiques au CSG.
Résultats |
Au total, 202 prescriptions de BZD ont été relevées sur 4 mois. Pour les motifs d’hospitalisation, 36,7 % des patients venaient pour chutes et/ou troubles cognitifs.
Parmi ces patients, 85 avaient une BZD à domicile (50,3 %) et 24 en avaient 2 (14,2 %), dont 6,4 % des BZD à domicile étaient de demi-vie longue non recommandé chez le sujet âgé (bromazépam, nitrazépam, prazépam). Les BZD étaient prescrites à visée anxiolytique dans 39,4 % et à visée hypnotique dans 61,4 %.
À l’entrée du CSG, 6,9 % des BZD à domicile sont arrêtées. Une diminution de la posologie a été observée dans 17,3 % des cas et une augmentation dans 3,5 %. Une substitution de la BZD à domicile a été réalisée dans 10,4 % des cas et 27,2 % des BZD à domicile ont été reconduites à la même posologie.
Enfin, une instauration de BZD a été observée pour 60 patients : 84,3 % des BZD instaurées au CSG sont prescrites à visée anxiolytique et 14,3 % à visée hypnotique. Une seule BZD a été prescrite en cas d’agitation.
À la sortie, 49,3 % des BZD instaurées au CSG ont été reconduites et 50,7 % arrêtées. Dans 82,4 % des cas, elles ont été prescrites à visée anxiolytique et dans 17,6 % à visée hypnotique. Deux patients ont bénéficié d’une conciliation médicamenteuse de sortie parmi ceux qui ont eu une BZD instaurée au CSG et pour lesquels elle a été arrêtée.
Discussion/Conclusion |
Cet état des lieux dans le service du CSG donnera lieu à plusieurs études ciblées sur les différents axes d’amélioration repérés. Les BZD sont encore beaucoup prescrites au CSG. Elles sont réévaluées durant l’hospitalisation avec un résultat favorable qui pourrait être amélioré par une conciliation de sortie avec un pharmacien.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Benzodiazépines, Évaluation de la prescription des médicaments, Personne âgée
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e207 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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