Audit des prescriptions des patients traités par anticoagulants - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Les anticoagulants font partie des médicaments impliqués dans les Never Events. L’analyse des prescriptions d’anticoagulants permet d’évaluer la pertinence des pratiques des prescriptions et d’assurer la sécurité des patients.
Objectifs |
L’objectif est de mettre en place un audit des prescriptions d’anticoagulants oraux et injectables afin de créer par la suite un e-learning adapté aux professionnels de notre établissement.
Méthode |
Une étude rétrospective sur 30jours (janvier 2023) a été réalisée sur les prescriptions hospitalières d’anticoagulants.
Un référentiel pour les indications, les dosages et les posologies correspondants, les contre-indications éventuelles a été réalisé. Une grille d’audit pour chaque anticoagulant a été créée répertoriant différents items basés sur les résumés des caractéristiques des produits : données patient, indications, dosages, posologies, contre-indications, suivis biologiques, prescripteurs (interne/senior). Le logiciel SPHINX® a permis l’extraction des données.
Résultats |
Sur l’ensemble des prescriptions d’anticoagulants (n=233), 34,8 % (n=81) d’entre-elles contiennent au moins une erreur. Parmi ces erreurs, 38,2 % (n=39) sont dues à une indication hors AMM (autorisation de mise sur le marché), 36,3 % (n=37) à un dosage inadapté, 19,6 % (n=20) à la présence d’une contre-indication et 5,9 % (n=6) à une posologie inadaptée. Ces erreurs concernent 50 % (n=15) des héparines non fractionnées, 45,9 % (n=45) des héparines de bas poids moléculaires, 30 % (n=3) des Apparentés aux héparines, 23,4 % (n=15) des anticoagulants oraux directs et 9,7 % (n=3) des anti-vitamines K. Les services les plus pourvoyeurs d’erreurs sont la chirurgie orthopédique (50 %), les urgences (45,5 %) et la cardiologie (22,8 %). Il n’y a pas de relation significative entre erreur de prescription et type de prescripteur (senior/interne).
Discussion/Conclusion |
Cette cartographie des prescriptions permet de déterminer les points à cibler dans l’e-learning : les anticoagulants injectables, en rappelant les contre-indications, dosages et indications de l’AMM, ainsi que la population cible. Par ailleurs, une étude plus approfondie pourrait permettre de palier les limites de l’étude : absence d’analyse de trois anticoagulants peu prescrits (acénocoumarol, daltéparine, nadroparine) et pourtant référencés dans notre établissement, absence de score du risque hémorragique, non prise en compte des recommandations scientifiques qui auraient pu justifier certaines indications hors AMM.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Anticoagulants, Audit clinique, Revue des pratiques de prescriptions des médicaments
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e212 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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