Expertise pharmaceutique clinique et syndrome d’Olmsted : case report - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Le syndrome d’Olmsted est une maladie rare (prévalence <1/1000000) qui se manifeste par une kératodermie douloureuse palmoplantaire et péri-orificielle liée à des mutations du gène TRPV3.
Objectifs |
L’objectif est de décrire l’importance d’une prise en charge multidisciplinaire pour assurer une prise en charge optimale.
Méthode |
Cas clinique d’un patient convoqué tous les 3 mois en hôpital de jour pour bénéficier d’une consultation dermatologique, d’un plan pharmaceutique personnalisé et d’un suivi thérapeutique pharmacologique (STP). L’erlotinib (ERLO) est un antiEGFR utilisé habituellement en oncologie, principalement métabolisé par le CYP3A4 et 1A2. Les données ont été recueillies grâce aux comptes rendus médicaux, biologiques et pharmaceutiques (ERLO sanguin 500–1820ng/mL).
Résultats |
Le traitement par ERLO est débuté à la posologie de 100mg/j (10/2019). Le patient décrit une consommation quotidienne de tabac et de cannabis (antalgie). Dans un premier temps, l’arrêt du tabac (inducteur du CYP1A2) est conseillé lors du premier entretien pharmaceutique (EP). Sans amélioration clinique, avec arrêt du tabac depuis 3 mois et une bonne observance calculée (MPR=95,8 %), il est conseillé d’augmenter la posologie à 200mg/j et de débuter un STP. Un arrêt de la consommation de cannabis est également suggéré. Le patient est sous exposé lors des 3 premiers dosages. Devant les faibles taux plasmatiques (12/2020) une analyse pharmacogénomique est proposée : recherche d’allèle *1b sur le 3A4 et allèle *3 sur le 3A5 pouvant expliquer un profil hypermétaboliseur. Aucun lien n’est retrouvé. Fin 2021, une aggravation clinique est constatée. Malgré une observance optimale (MPR=104,7 % 02/2022), le patient reste sous exposé (540ng/mL), la posologie est augmentée à 300mg/j (posologie maximale recommandée). En parallèle, l’absence de malabsorption de l’ERLO est recherchée. L’apparition d’un pic plasmatique est observée (T0 : 240ng/mL, T+2h : 695ng/mL) synonyme d’une bonne absorption. Devant cette impasse le patient nous informe qu’il fume quotidiennement un mélange cannabis/tabac. Le patient s’engage à consommer uniquement du cannabis jusqu’au prochain dosage. Lors de ce dosage (05/2022), le patient est dans la cible thérapeutique (1467ng/mL). Un arrêt du cannabis a également été constaté (11/2022). Depuis l’arrêt total du tabac une nette amélioration clinique est observée avec diminution de la kératodermie plantaire et disparition des douleurs. Devant une baisse de moral, reprise de la consommation cannabis/tabac associée à une majoration de la maladie et une baisse des taux plasmatiques (05/2023).
Discussion/Conclusion |
Ce travail illustre l’importance de la collaboration médecins–pharmaciens dans la prise en charge de patients complexes afin d’obtenir les objectifs thérapeutiques définis par le trinôme médecin–pharmacien–patient lors de l’initiation du traitement.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Dermatologie, Gestion de la pharmacothérapie, Soins pharmaceutiques
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e215-e216 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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