évaluation de la pertinence de l’analyse pharmaceutique en hospitalisation de jour de gériatrie générale et d’oncogériatrie - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Une expertise pharmaceutique au sein des hospitalisations de jour (HDJ) de gériatrie générale et d’oncogériatrie a été demandée par les équipes médicales de ces services. Certains séjours d’HDJ répondant actuellement aux critères d’une tarification intermédiaire pourraient–grâce à l’intervention du pharmacien–répondre à la tarification pleine.
Objectifs |
Évaluer la pertinence d’une analyse pharmaceutique dans ces services pour justifier la revalorisation de la tarification de ces HDJ.
Méthode |
Une extraction des séjours avec une tarification intermédiaire a été réalisée entre septembre 2022 et février 2023 sur les services d’HDJ d’oncogériatrie et de gériatrie générale. L’activité pharmaceutique–réalisée par un binôme pharmacien/interne en pharmacie–suivait deux étapes : une conciliation médicamenteuse rétrospective (sources : appel à la pharmacie ou à l’EHPAD et dossier patient informatisé [DPI]) puis une analyse pharmaceutique a posteriori (en tenant compte des optimisations déjà proposées par les gériatres à la suite de l’HDJ). Les médicaments potentiellement inappropriés (MPI) étaient détectés à partir de la liste REMEDI[e]S.
Résultats |
Sur la période étudiée, 42 séjours d’HDJ intermédiaire ont été identifiés (22 en oncogériatrie, 20 en gériatrie générale). Cinq patients, décédés depuis leur séjour, ont été exclus.
En moyenne 2,4 interventions pharmaceutiques (IP) par patient étaient proposées (n=89). Des divergences ont été relevées entre les traitements du patient renseignés sur le compte rendu d’hospitalisation et l’ordonnance récupérée auprès de l’officine pour 5 patients (14 %).
La majorité des IP (n=27, 30 %) concernait des médicaments dont l’indication n’était pas retrouvée (overuse) : les IPP (inhibiteurs de la pompe à protons), les benzodiazépines (BZD) et les statines étaient les plus représentés. Des problèmes de posologie étaient aussi relevés (10 IP pour surdosage 11 pour sous-dosage). Les médicaments responsables de mésusages (misuse) concernaient notamment la vitamine D (n=7), les IPP (n=4) et les anticoagulants oraux (n=3). Enfin, 24 IP relevaient un underuse (vitamine D et B9).
Dix IP portaient sur des interactions médicamenteuses dont 3 en lien avec des traitements anticancéreux (venetoclax, ivosidenib, cyclophosphamide). Les MPI faisaient l’objet de 12 % des problèmes identifiés et concernaient surtout des médicaments pourvoyeurs de chutes : BZD à longue demi-vie, médicaments anticholinergiques, sulfamide hypoglycémiant.
Discussion/Conclusion |
Ce travail permet de mettre en évidence la pertinence de l’activité pharmaceutique au sein des services d’HDJ. Cependant, du fait du recueil rétrospectif, nous n’avons pas pu identifier l’automédication éventuelle ni évaluer l’adhésion thérapeutique des patients qui sont des éléments clés dans le suivi des patients traités par anticancéreux oraux. Le temps pharmaceutique nécessaire à cette activité restera à déterminer avec une étude pilote.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Médicaments inappropriés, Pluridisciplinarité, Sujet âgé
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e215 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
