Instauration de zopiclone en cours d’hospitalisation dans une unité de gériatrie aiguë : attention lors du retour au domicile! - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Le zopiclone est un hypnotique indiqué dans le traitement des insomnies occasionnelles dont la durée de traitement ne doit pas excéder 4 semaines. Sa prescription dans la population gériatrique, notamment lorsqu’elle est associée à d’autres psychotropes, peut être responsable de survenue d’effets indésirables tels qu’une somnolence diurne, une hypotonie musculaire, des sensations ébrieuses voire des chutes pouvant être à l’origine d’hospitalisations dont la majorité serait évitable. Dans un contexte aigu, de nombreux facteurs (douleurs, anxiété, cris d’autres patients) peuvent être à l’origine d’insomnie occasionnelle nécessitant l’instauration de zopiclone en cours d’hospitalisation. Cependant, cet hypnotique doit être interrompu avant la sortie d’hospitalisation afin de ne pas entraîner la survenue d’une iatrogénie et d’une dépendance au domicile du patient.
Objectifs |
L’objectif de cet audit est de dresser un état des lieux des prescriptions de zopiclone dans les services de gériatrie aiguë de notre établissement dans le but de sécuriser le retour au domicile des patients.
Méthode |
Une extraction des prescriptions de zopiclone a été réalisée à partir du logiciel resDPI (Berger Levraut) sur l’année 2021. Les critères d’inclusion étaient : patients âgés de plus de 75 ans hospitalisés dans un service de gériatrie aiguë avec sortie au domicile traités par zopiclone (tous dosages confondus). L’âge, le sexe, la poursuite ou non du traitement à la sortie et le nombre de psychotropes présents sur l’ordonnance de sortie (hors zopiclone) ont été recueillis par un externe en pharmacie et un pharmacien.
Résultats |
Au total, 105 dossiers patients (âge moyen 87±6,5 ans ; sex ratio H/F=0,46) ont été analysés dans 3 services de soins gériatriques : 52 (50 %) étaient des reconduites du traitement habituel de ville et 53 (50 %) des instaurations en cours d’hospitalisation. Parmi les prescriptions de zopiclone instaurées en cours d’hospitalisation, 24 (45 %) étaient arrêtées avant le retour du patient au domicile mais 29 (55 %) étaient poursuivis en sortie d’hospitalisation dont 25 (86 %) avec le dosage 3,75mg et 4 (14 %) avec le dosage 7,5mg. Sur ces 29 prescriptions de sortie, 10 d’entre elles (30 %) ne comportaient aucun autre psychotrope, 9 (31 %) un seul, 6 (21 %) deux et 4 (14 %) trois psychotropes.
Discussion/Conclusion |
Cet audit a permis de mettre en évidence un risque d’effet indésirable potentiel au domicile du patient lié à l’instauration d’un hypnotique en cours d’hospitalisation. Une présentation des résultats et une sensibilisation de l’ensemble des gériatres et des pharmaciens ont été réalisées. Il a ainsi été décidé de privilégier autant que possible la prescription de mélatonine LP 2mg et de réaliser systématiquement une intervention pharmaceutique lors de l’instauration du zopiclone afin de recommander son arrêt en sortie d’hospitalisation. Enfin, un audit similaire devra être réalisé afin de mesurer l’impact des mesures correctives proposées.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Gériatrie, Hypnotique, Iatrogénie
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e216 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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