Bon usage de l’érythromycine dans la gastroparésie postopératoire, en service de chirurgie générale et digestive - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La gastroparésie est un trouble fonctionnel digestif caractérisé par un ralentissement de la vidange gastrique. Sa prise en charge repose sur des mesures hygiéno-diététiques et l’utilisation d’agents prokinétiques : un antagoniste dopaminergique anti-D2 de type métoclopramide ou dompéridone en première intention, et l’érythromycine à faible dose en deuxième intention, en tant qu’agoniste du récepteur à la motiline.
Objectifs |
L’objectif est de réaliser une évaluation des pratiques de prescription d’érythromycine dans la gastroparésie postopératoire, en service de chirurgie générale et digestive puis d’analyser les interactions médicamenteuses en lien avec celles-ci.
Méthode |
Une étude observationnelle et rétrospective a été réalisée.
L’inclusion concernait les patients ayant une prescription d’érythromycine entre le 01/01/2021 et le 15/08/2021, en excluant les indications antibiotiques et les durées de prescription ≤2 jours.
Les données ont été extraites du logiciel d’aide à la prescription et regroupées dans un tableur Excel.
Résultats |
Parmi les cinquante prescriptions d’érythromycine analysées, 52 % (n=26) concernaient des opérations de l’appareil digestif haut notamment des œsophagectomies, suivies des chirurgies de cytoréduction à 22 % (n=11) puis des opérations de l’appareil digestif bas à 20 % (n=10).
Un traitement de première intention par métoclopramide intraveineux (IV), à la posologie 10 mg trois fois par jour était retrouvé pour 22 % (n=11) d’entre elles, dont 64 % (n=7) concernaient des chirurgies de cytoréduction (n=7).
Parmi les opérations de l’œsophage, 96 % (n=25) des patients ont bénéficié d’une prescription d’érythromycine d’emblée dont 80 % (n=20) dès le premier jour postopératoire. L’introduction d’érythromycine était faite par voie IV à la posologie 250 mg trois fois par jour et 40 % (n=22) des prescriptions ont été relayées par voie orale (VO).
Une prescription de sortie pour la voie orale était retrouvée pour 50 % (n=25) des patients avec une durée moyenne de deux mois et demi.
Des interactions médicamenteuses avec l’érythromycine ont été identifiées : 27 contre-indications et 65 associations déconseillées. Il s’agissait d’interactions avec le cytochrome P3A4 et des majorations du risque torsadogène.
Discussion/Conclusion |
Le traitement prokinétique est mis en place à titre préventif d’où son introduction dès le lendemain de l’opération.
La prescription d’un anti-D2 en première intention est plus souvent respectée pour les chirurgies de cytoréduction que pour les opérations de l’œsophage.
La littérature mentionne qu’une prescription d’érythromycine supérieure à quatre semaines augmente l’effet de tachyphylaxie. Il conviendrait donc de réduire la durée des ordonnances de sortie à un mois maximum.
Face aux nombreuses interactions médicamenteuses identifiées, l’analyse pharmaceutique de ces prescriptions de sortie semble pertinente. Celle-ci étant déjà réalisée au cours du séjour.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Érythromycine, Évaluation des pratiques, Gastroparésie
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e225 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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