S'abonner

Pratiques de prescription des fluoropyrimidines dans un centre hospitalo-universitaire depuis l’obligation de dosage de l’uracilémie - 12/06/24

Doi : 10.1016/j.phacli.2024.04.055 
D. Bardin 1, F. Lamoureux 2, J. Wils 2, R. Varin 1, A. Coquard 1, I. Tiret 1
1 CHU de Rouen, pharmacie, Rouen, France 
2 CHU de Rouen, pharmacologie, Rouen, France 

Résumé

Contexte

Les fluoropyrimidines (FP) incarnent la pierre angulaire du traitement des néoplasies digestives. Néanmoins, des toxicités sévères pouvant conduire aux décès ont été imputées aux FP. Une législation a vu le jour en 2019 imposant le dosage de l’uracilémie, avant tout traitement. Des recommandations ont été publiées afin de permettre l’adaptation posologique des FP au phénotype du patient.

Objectifs

L’objectif de ce travail est d’évaluer les pratiques de prescription des oncologues vis-à-vis des FP depuis cette législation.

Méthode

À partir du logiciel CHIMIO® (Computer Engineering), la liste des patients a été inclus dans un protocole comportant du 5-Fluorouracile (5FU), au cours de l’année 2020, a été extraite. Pour chaque patient a été colligés : le protocole prescrit, les posologies ainsi que la notion d’une recherche du déficit en dihydropyrimidine déshydrogénase. À partir du dossier patient informatisé, les effets indésirables entre chaque cure et leur gravité ont été également recensés. Afin de comparer les moyennes et les incidences, le test de Mann-Whitney et le test exact de Fisher ont été respectivement utilisés.

Résultats

Cent-dix patients sur un total de 153 (72 %) sont de phénotype extensif (E - uracilémie<16ng/mL), 23 patients (15 %) patients sont de phénotype extensif limite (EL - uracilémie inférieure mais proche de la valeur seuil à 16ng/mL), 20 patients (13 %) sont déficitaires partiels (DP - uracilémie>16ng/mL).

Les patients E et EL ont réalisé 6,5 et 7 cures/patient en moyenne respectivement, alors que les patients DP ont réalisé 4 cures/patient. La posologie moyenne de FP à l’initiation chez les patients E, EL et DP est respectivement de 89 %, 83 % et 72 % de la dose théorique. La dose reçue chez les E est significativement plus importante que celle des DP (p=0,0009), les écarts entre E et EL ainsi qu’entre EL et DP ne sont pas significatifs.

Les effets indésirables (EI) les plus graves constatés sont des EI de grade III, aucun EI de grade IV n’a été mentionné dans le DPI. Au total, 13 EI sévères ont été recensés. Parmi ces 13 EI, 7 (6,4 %) sont survenus dans le groupe des E, 5 (25 %) sont survenus dans le groupe DP, 1 seul (4,4 %) est survenu chez les EL. Il existe un écart significatif entre les incidences des EI sévères, uniquement entre le groupe E et DP (p=0,02, OR=4,81, IC95 %=[1,02 ; 20,41]).

Discussion - Conclusion

Les oncologues semblent pratiquer une adaptation posologique chez les déficitaires partiels, mais le niveau d’adaptation est très hétérogène et sans cohérence avec la valeur de l’uracilémie disponible. En effet, la posologie à l’initiation chez les EL semble être une dose intermédiaire entre celle des DP et celle des E.

L’absence de consensus sur l’adaptation posologique en fonction du phénotype du patient semble délétère sur la tolérance du traitement et un outil d’aide validé permettrait d’homogénéiser les pratiques d’adaptation posologique.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Effets secondaires indésirables des traitements, Posologie, Uracile


Plan


© 2024  Publié par Elsevier Masson SAS.
Ajouter à ma bibliothèque Retirer de ma bibliothèque Imprimer
Export

    Export citations

  • Fichier

  • Contenu

Vol 59 - N° 2

P. e46-e47 - juin 2024 Retour au numéro
Article précédent Article précédent
  • Mise en place d’entretiens pharmaceutiques destinés aux patients rentrant à domicile avec un PICCline
  • M. Cosson, A. Bros, V. Pepe, S. Wisniewski, B. Gourieux
| Article suivant Article suivant
  • Analyse des facteurs de risque associés à la complexité des plans de prise chez les personnes âgées de 75 ans ou plus. Pertinence pour la stratégie de priorisation des soins pharmaceutiques ?
  • R. Leguillon, Y. Houetto, M. Skiba, R. Varin, P. Chassagne, F. Roca

Bienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.

Déjà abonné à cette revue ?

Elsevier s'engage à rendre ses eBooks accessibles et à se conformer aux lois applicables. Compte tenu de notre vaste bibliothèque de titres, il existe des cas où rendre un livre électronique entièrement accessible présente des défis uniques et l'inclusion de fonctionnalités complètes pourrait transformer sa nature au point de ne plus servir son objectif principal ou d'entraîner un fardeau disproportionné pour l'éditeur. Par conséquent, l'accessibilité de cet eBook peut être limitée. Voir plus

Mon compte


Plateformes Elsevier Masson

Déclaration CNIL

EM-CONSULTE.COM est déclaré à la CNIL, déclaration n° 1286925.

En application de la loi nº78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez des droits d'opposition (art.26 de la loi), d'accès (art.34 à 38 de la loi), et de rectification (art.36 de la loi) des données vous concernant. Ainsi, vous pouvez exiger que soient rectifiées, complétées, clarifiées, mises à jour ou effacées les informations vous concernant qui sont inexactes, incomplètes, équivoques, périmées ou dont la collecte ou l'utilisation ou la conservation est interdite.
Les informations personnelles concernant les visiteurs de notre site, y compris leur identité, sont confidentielles.
Le responsable du site s'engage sur l'honneur à respecter les conditions légales de confidentialité applicables en France et à ne pas divulguer ces informations à des tiers.


Tout le contenu de ce site: Copyright © 2026 Elsevier, ses concédants de licence et ses contributeurs. Tout les droits sont réservés, y compris ceux relatifs à l'exploration de textes et de données, a la formation en IA et aux technologies similaires. Pour tout contenu en libre accès, les conditions de licence Creative Commons s'appliquent.