Analyse des facteurs de risque associés à la complexité des plans de prise chez les personnes âgées de 75 ans ou plus. Pertinence pour la stratégie de priorisation des soins pharmaceutiques ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La population âgée, plus susceptible aux événements indésirables liés aux médicaments (EIM) et aux risques de polymédication, voit souvent la complexité de son plan de prise sous-évaluée dans sa prise en charge. Nous avons exploré l’idée que des facteurs de risque, tels que les paramètres gériatriques et les antécédents médicaux, pourraient constituer des critères pratiques pour identifier facilement les patients avec un plan de prise qualifié de complexe, établissant ainsi une stratégie de priorisation pour nos interventions pharmaceutiques.
Objectifs |
L’objectif principal de cette étude est d’identifier les facteurs de risque associés à la complexité de l’ordonnance à l’admission en gériatrie. De manière concomitante, l’objectif secondaire consiste à examiner l’évolution de la charge anticholinergique au cours de l’hospitalisation.
Méthode |
Il s’agit d’une étude de cohorte rétrospective englobant l’ensemble des patients âgés de 75ans ou plus, hospitalisés en médecine gériatrique aiguë. Les facteurs de risque liés à la complexité du plan de prise ont été évalués par une analyse de régression logistique. Le score MRCI, évalué à l’admission et à la sortie, a été calculé sur la base des données des bilans de médication effectués systématiquement par l’équipe pharmaceutique du service.
Résultats |
Cent cinquante patients, dont 95 femmes, ont été inclus dans l’étude. La population était relativement âgée, présentant une tendance à la perte d’indépendance fonctionnelle ainsi qu’une polymédication. La majorité des patients vivaient à domicile avant l’hospitalisation (87 %), parmi lesquels 50 (38 %) bénéficiaient de l’assistance d’un IDE. La présence d’un IDE pour la gestion des thérapeutiques était significativement associée à un score MRCI élevé (OR : 2,56, IC95 % : 1,15 à 5,78, p=0,022).L’âge et l’indépendance étaient associés à un score MRCI plus bas, avec des OR respectifs de 0,91 (IC95 % : 0,84 à 0,98) et 0,74 (IC95 % : 0,55 à 0,99). Par ailleurs, une augmentation significative du score MRCI a été observée au cours de l’hospitalisation (score MRCI à l’admission : 28, IC95 % : 19 à 41, contre score MRCI à la sortie : 32, IC95 % : 24 à 45 ; p=0,001).
Discussion - Conclusion |
Aucune comorbidité ni antécédent médical n’a été identifiée comme facteur de risque d’un plan de prise complexe, limitant ainsi la possibilité de prioriser nos interventions en pharmacie clinique. Cependant, l’implication des infirmiers/infirmières à domicile offre un soutien réconfortant face à la complexité du plan de prise. Nos résultats suggèrent également que les patients très âgés mais indépendants ont moins de plans complexes, soulignant des efforts collectifs d’amélioration de la prise en charge. L’accentuation de la complexité du plan de prise pendant l’hospitalisation souligne son potentiel iatrogène, soulevant ainsi la nécessité d’explorer davantage cette dimension comme un axe de recherche prometteur.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Gestion de la pharmacothérapie, Personnes âgées, Préventions
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e47 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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