Médicaments tératogènes : lesquels cibler pour sécuriser leur circuit hospitalier ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
Afin de sensibiliser aux risques liés aux médicaments pendant la grossesse et d’améliorer leur bon usage, l’ANSM a mis en place une campagne de prévention et d’information les concernant, notamment avec une évolution constante de la réglementation (ex : accord de soin obligatoire pour le topiramate depuis 2022). Un changement de pratiques de dispensation concernant ces médicaments sera complexe dans notre centre de 2000 lits dans lequel nous réalisons une préparation des doses à administrer automatisée pour 680 patients.
Objectifs |
Établir une liste institutionnelle de médicaments tératogènes, à conditions particulières de dispensation chez les femmes/hommes en âge de procréer. L’objectif à terme est de sécuriser leur circuit de dispensation pour les patients hospitalisés dans notre centre.
Méthode |
La base de ce travail a été issue de la liste du programme de prévention des grossesses de l’ANSM (2021). Ces données ont ensuite été comparées à la liste des médicaments à surveillance particulière de Meddispar®, à des fiches OMEDIT et aux données du centre de référence des agents tératogènes (CRAT), contacté pour confirmer nos informations. Les éléments recueillis ont été synthétisés dans un tableau Excel® : DCI, classe ATC, conditions particulières de prescription et/ou dispensation (accord de soins, carnet de suivi, test de grossesse, etc.).
Résultats |
Au total, nous avons identifié 17 médicaments ayant des conditions particulières de prescription et/ou dispensation. Quatre d’entre eux ont été exclus car non référencés dans notre centre. Pour les 13 autres, 2 nécessitent des conditions particulières de prescription uniquement : fingolimod et hydroxycarbamide. Cinq nécessitent une vérification d’un accord de soins signé : 3 dérivés du valproate, topiramate et mycophénolate. Six nécessitent une vérification de l’accord de soins signé et du carnet de suivi avec test de grossesse négatif : lénalidomide, pomalidomide, thalidomide et 3 dérivés des rétinoïdes. Au total, sur 13 médicaments, 3 sont de la classe D, 3 de la L et 4 de la N.
Discussion - Conclusion |
On peut noter que les principales classes concernées sont les immunosuppresseurs/antinéoplasiques, et les antiépileptiques. Pour cette dernière, la réglementation pourrait de nouveau évoluer. À partir de cette liste, nous souhaitons mettre en place des alertes informatiques pour les médicaments nécessitant un accord de soins et/ou carnet de suivi avec test de grossesse. Ces alertes seraient de types pop-up, ou commentaire de prescription, dans le dossier patient informatisé (DPI), à destination des médecins et pharmaciens. Cela permettrait d’informer les prescripteurs de la nécessité d’importer dans le DPI l’accord de soins, et si nécessaire, de réaliser un test de grossesse avant dispensation. Ces actions seront validées institutionnellement avant d’être déployées en vue de sécuriser le circuit et participer à l’amélioration de la prise en charge de nos patients.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Circuit du médicament, Réglementation, Tératogène
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e53 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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