Pharmacien clinicien et médecin infectiologue : une équipe de choc dans la prise en charge des infections ostéoarticulaires - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La pharmacie clinique permet de sécuriser la prise en charge des infections ostéoarticulaires (IOA) nécessitant fréquemment le recours à une antibiothérapie (ATB) prolongée. Un parcours de soins dédié, impliquant un pharmacien clinicien et un infectiologue, a été mis en place dans notre établissement.
Objectifs |
L’objectif principal est de décrire l’observance, la tolérance et les interactions médicamenteuses (IM) des ATB prescrits pour les IOA. L’objectif secondaire est de décrire les interventions pharmaceutiques (IP) et médicales effectuées dans le cadre du parcours de soins et d’évaluer la satisfaction des patients concernés.
Méthode |
Il s’agit d’une cohorte monocentrique descriptive prospective concernant ce parcours de soins (période de recueil de 1 an). Chaque patient bénéficiait de 2 à 3 entretiens par régime d’ATB prescrit (1 entretien initial explicatif et 1 à 2 entretiens de suivi). Une analyse pharmaceutique de niveau 3 était réalisée à chaque entretien. Des fiches thérapeutiques étaient remises au patient à l’issue de l’entretien explicatif. Au cours des entretiens de suivi, l’observance des ATB était évaluée à l’aide du score de Girerd ; la tolérance clinique était évaluée à l’aide d’un questionnaire basé sur la classification anatomique, thérapeutique et chimique ; la tolérance biologique en fonction des grades de sévérité du National Cancer Institute. Les interventions médicales étaient définies comme des modifications conséquentes de la prise en charge discutées entre l’infectiologue et le pharmacien. Les patients bénéficiaient d’une enquête de satisfaction en fin de prise en charge. Un score>15/20 attestait d’un niveau de satisfaction correct.
Résultats |
Au total, 25 patients ont été inclus dans notre cohorte. Trente-quatre entretiens initiaux et 52 entretiens de suivi ont été réalisés. L’observance était mauvaise dans 6,8 % des cas (Girerd≥3). Tous ont présenté au moins un effet indésirable (EI) clinique ou biologique au cours du suivi. Au niveau clinique, les troubles de transit, de l’appétit et du poids étaient les plus représentés. Au niveau biologique, il s’agissait des cytopénies, majoritairement de grades I ou II (88,6 %). Quatorze déclarations de pharmacovigilance ont été effectuées sur l’année. 67 IM ont été identifiées ; 61,2 % étaient liées à la rifampicine. Cent quarante et un IP ont été effectuées (81,6 % d’entre elles étaient liées au traitement ATB) et 11 interventions médicales. Le score moyen de satisfaction était de 18/20.
Discussion/Conclusion |
Cette prise en charge est sécuritaire, via l’expertise du pharmacien clinicien en matière d’ATB et est appréciée des patients. Elle permet une collaboration pluridisciplinaire. Une détection précoce de problèmes liés aux thérapeutiques est permise. Un biais de déclaration existe probablement en matière d’EI. La systématisation de la conciliation médicamenteuse d’entrée serait souhaitable, mais tout ceci s’avère très chronophage, ce qui rend la pérennisation de ce parcours de soins difficile.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Antibiotiques, Effets secondaires indésirables des médicaments, Interactions médicamenteuses
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e69 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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