Retour d’expérience à 7 mois de la mise en place d’une équipe mobile de conciliation : comment prioriser les patients ? - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La conciliation médicamenteuse d’entrée (CE) fait partie des objectifs du CAQES et permet de sécuriser la prise en charge des patients. Dans un établissement de plus de 900 lits MCO, tous les patients ne peuvent être conciliés à leur entrée, il apparaît nécessaire de les prioriser. Des critères de priorisation ont été établis en groupe de travail à partir des données de la littérature. Une équipe mobile de conciliation (EMC) comprenant 4 pharmaciens et 2 internes a été mise en place dans 3 services pilotes afin de tester ces critères.
Objectifs |
Identifier des critères liés à la survenue de divergences non intentionnelles (DNI) lors de la CE.
Méthode |
Réalisation de CE sur demande médicale en neurologie générale ou vasculaire et en maladies infectieuses par un membre de l’EMC tous les après-midi. Les critères suivants étaient recueillis : nombre de médicaments>10, anticoagulant oral, antidiabétiques, digoxine, clozapine, lithium, hormonothérapie/chimiothérapie orale (H/CT), insuffisance rénale chronique, troubles cognitifs ou de l’observance, transplantation, iatrogénie médicamenteuse. Les données colligées dans un fichier Excel ont été analysées selon une régression logistique multivariée pour la mise en évidence de facteurs influençant la survenue de DNI.
Résultats |
Sur 7 mois d’activité (du 01/03 au 31/10/23), 231 CE ont été demandées dont 190 réalisées, la majorité en neurologie vasculaire (n=116). Parmi les 41 patients non conciliés, 1 était lié à un manque de temps de l’EMC ; les autres ont été exclus sur d’autres motifs (patient en soins palliatifs, hébergement de service, patient d’EHPAD, recueil exhaustif du traitement). La durée médiane de réalisation d’une CE était de 60minutes.
Au total, 329 DNI ont été observées. Parmi les critères de priorisation relevés, 5 n’ont pas pu être évalués par manque d’effectif (digoxine, lithium, clozapine, H/CT, transplantation). Pour les facteurs analysés, 3 apparaissent influencer significativement la survenue de DNI : les troubles d’observance en tant que facteur de risque (OR=3,07 [1,24 ; 7,71], p=1,5 %) ; le nombre de médicaments>10 et les troubles cognitifs comme facteurs protecteurs (respectivement OR=0,27 [0,13 ; 0,60], p=0,1 % et OR=0,24 [0,07 ; 0,78], p=1,8 %).
Discussion/Conclusion |
Suite à ce test, les troubles de l’observance apparaissent comme un facteur de risque à prendre en compte dans la survenue de DNI.
Au contraire, le nombre de médicaments élevé et les troubles cognitifs apparaissent comme des facteurs protecteurs ; la présence d’aidants au domicile ou encore la faiblesse de notre effectif sont des hypothèses pouvant expliquer ces résultats qui seront à confirmer en poursuivant le recueil.
Par la suite, l’activité de l’EMC sera étendue à d’autres services. De plus, pour affiner les critères de priorisation, une étude rétrospective comparative sur l’ensemble des patients de neurologie vasculaire sur une période donnée va être réalisée dans le but d’établir un score de priorisation.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Conciliation médicamenteuse, Pharmacie clinique, Priorisation
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e70 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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