Conciliation médicamenteuse à l’admission et à la sortie en gérontopsychiatrie : bilans respectifs à 11 et 5 mois - 12/06/24
Résumé |
Contexte |
La conciliation médicamenteuse permet de sécuriser la prise en charge médicamenteuse des patients. En psychiatrie, la coprescription de médicaments psychiatriques et somatiques la rend d’autant plus pertinente.
Objectifs |
Notre objectif est de faire le bilan à 11 mois de la restructuration de l’activité de conciliation médicamenteuse à l’admission (CMA), et à 5 mois du déploiement de la conciliation médicamenteuse de sortie (CMS).
Méthode |
La CMA est réalisée rétroactivement. Elle est systématique en gérontopsychiatrie (55 lits), selon des critères de priorisation dans les services de psychiatrie adulte (397 lits), ou sur demande médicale. Elle est menée en alternance par 2 pharmaciens et 1 interne. La période étudiée s’étend du 01/12/22 au 31/10/23.
L’impact clinique a été évalué avec l’échelle CLEO©.
La CMS est réalisée de manière systématique dans 2 unités sur 3 de gérontopsychiatrie chez les patients ayant bénéficié d’une CMA.
Résultats |
Au total, 238 patients d’âge moyen 74ans ont été conciliés en moyenne 1,6jours après leur admission.
Au total, 296 divergences non intentionnelles (DNI) ont été identifiées et corrigées : 8 % des DNI concernent des médicaments psychiatriques et 92 % des médicaments somatiques.
Les DNI des médicaments psychiatriques correspondent à une erreur de posologie (n=14), une absence thérapeutique d’un traitement habituel (n=8), un médicament prescrit sans indication justifiée (n=1) et un mauvais choix galénique (n=1).
L’impact clinique est mineur pour 8 % des interventions pharmaceutiques (IP), moyen pour 25 % et majeur pour 67 %.
Les médicaments somatiques concernés par une DNI sont principalement des médicaments des voies digestives et métabolisme (36 %), du système cardiovasculaire (16 %), du système nerveux (11 %), d’ophtalmologie (7 %), du sang et organes hématopoïétiques (7 %) et du système respiratoire (5 %).
La majorité des IP correspond à une absence thérapeutique d’un traitement habituel (n=164), une erreur de posologie (n=52) et une prescription non justifiée d’un médicament (n=27).
L’impact clinique est mineur pour 52 % des IP, moyen pour 47 % et majeur pour 1 %.
Par ailleurs, 57 patients ont pu bénéficier d’une CMS avec intégration du tableau de CMS au courrier de sortie.
Sur les 57 patients, 38 sont retournés au domicile et 19 ont été transférés vers une autre structure (hôpital, établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes…).
Au total, 44 entretiens ont été réalisés avec les patients/aidants et 14 avec les infirmiers libéraux. La CMS a été transmise aux pharmacies d’officine/usage intérieur pour 43 patients et aux EHPAD pour 9 patients.
Discussion - Conclusion |
La CMA et CMS sont indispensables pour une bonne prise en charge psychiatrique et somatique du patient. Les acteurs d’aval (aidant, infirmiers libéraux, médecins de ville, pharmacie…) sont très demandeurs de ce lien ville/hôpital et ont exprimé à de nombreuses reprises leur satisfaction quant à cette collaboration.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Conciliation médicamenteuse, Gérontologie, Psychiatrie
Plan
Vol 59 - N° 2
P. e76 - juin 2024 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
